Marseille: Après son agression, l'enseignant juif ne porte plus de kippa

ANTISEMITISME Il a confié à RTL préférer désormais, par sécurité, arborer une simple casquette...

20 Minutes avec AFP

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Benjamin Amselem, victime en janvier 2016 d'une agression antisémite à Marseille.
Benjamin Amselem, victime en janvier 2016 d'une agression antisémite à Marseille. — BORIS HORVAT / AFP

L'enseignant juif victime d'une agression antisémite lundi à Marseille a déclaré mercredi à RTL que désormais il ne portait plus sa kippa mais une casquette, estimant qu'il fallait faire «ce qu'on peut pour ne pas être une cible». «C'est une question délicate, je ne voudrais pas prendre parti (...). Mais moi ce que je pense, c'est qu'il faut être vigilant le plus possible, et si porter une casquette permet de se préserver un petit peu...», a déclaré Benjamin Amsellem qui portait la kippa lors de son agression.

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«Depuis hier, j'ai mis la casquette. Jusqu'à aujourd'hui, j'ai toujours porté la kippa. Ma mère, les gens de mon entourage me disent souvent "fais attention, sois vigilant, mets une casquette, c'est plus prudent". Je n'ai jamais voulu les écouter, mais c'est sûr que ce qu'on peut faire pour se protéger, pour ne pas être une cible, je pense qu'il faut le faire», a-t-il poursuivi. «Si ça peut éviter une agression, je pense qu'il faut le faire parce que malheureusement il y a des terroristes et des extrémistes de plus en plus aujourd'hui, et ça fait très peur», a-t-il ajouté.

«Partir en Israël, je ne pense pas que ce soit la solution»

A la suite de cette agression à la machette par un jeune Turc, mis en examen mercredi notamment pour tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste, le président du consistoire local a conseillé aux juifs de Marseille de ne plus porter la kippa dans la rue, suscitant un vif débat.

«C'est une décision personnelle de chacun, je ne parlerai pas au nom de la communauté, mais moi en tout cas aujourd'hui, j'ai très peur. Déjà pour sortir dans la rue, j'ai du mal, si je sors c'est entouré, mais je mets une casquette aujourd'hui», a encore poursuivi Benjamin Amsellem.

«J'aime beaucoup la France, j'ai grandi ici, je me sens très attaché à la France, je n'ai pas de raisons spéciales de vouloir partir. Après, je pense qu'il faut se protéger, il faut faire ce qu'il faut pour se protéger, mais partir en Israël, je ne pense pas que ce soit la solution, il y a beaucoup de juifs ici, il y a une très bonne entente entre les cultures...», a encore estimé l'enseignant sur RTL. «Il y a toujours eu un peu d'antisémitisme, des gens qui passent dans la rue, qui crient "sale juif", des choses comme ça, on l'a toujours vécu. Mais arriver à une telle violence, une telle haine, dans ce quartier où j'habite, j'ai jamais vu ça», a-t-il encore déclaré.