Agression d'un prof juif à Marseille: Ce que l'on sait sur l'adolescent radicalisé

FAITS DIVERS Le procureur de la République de Marseille, Brice Robin, a fait le point sur l’enquête...

Mickael Penverne

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Le procureur de la république de Marseille Brice Robin.
Le procureur de la république de Marseille Brice Robin. — P.Magnien / 20 Minutes

Le procureur de la République de Marseille, Brice Robin, a fait le point sur l’enquête après l’agression lundi matin d’un enseignant juif dans le 9e arrondissement de Marseille.

Que s’est-il passé ce lundi ?

Il est environ 9 heures quand l’enseignant remonte le boulevard Camille-Claudel pour rejoindre l’Institut franco-hébraïque de la Source où il donne des cours de religion. Il porte la kippa et a un exemplaire de la Torah dans les mains. Quelques mètres avant l’entrée de l’établissement, il se fait violemment agresser par individu. Il reçoit un premier coup de machette à l’épaule, tombe par terre, se relève et prend la fuite.

Son agresseur, qui reste muet, le poursuit et tente de lui asséner d’autres coups. Le professeur se protège tant bien que mal, notamment avec sa Torah. « J’ai vu dans ses yeux qu’il voulait me tuer », dira-t-il un peu plus tard aux policiers. Les cris de la victime alertent des passants et des voisins qui, en s’approchant, mettent en fuite l’agresseur.

Au même moment, le conducteur d’un scooter téléphone à la police qui contacte une patrouille de la BAC. Les policiers interpellent l’individu à la station de métro Dromel. De leur côté, les pompers prennent en charge la victime qui est blessée à l’épaule et à la main. Ses jours ne sont pas en danger.

 

L’entrée de l’Institut franco-hébraïque. - Mickaël Penverne/20 Minutes

 

Quel est le profil de l’agresseur ?

Il s’agit d’un adolescent, qui aura 16 ans la semaine prochaine. Il est né dans une famille turque d’origine kurde. Un jeune homme jusqu’ici sans histoire, inconnu des services de police, de justice et de renseignement. Il ne faisait pas l’objet d’une fiche S. « Il était hors des radars », a insisté Yannick Blouin, directeur adjoint de la Sécurité publique.

Sans antécédent psychiatrique connu, il était scolarisé dans un lycée du quartier. « C’était même un bon élève », a ajouté le procureur de la République. « Il vivait dans un milieu normal et classique (…). Et sa famille semblait tout ignorer de sa radicalisation », a précisé Brice Robin.

Qu’a-t-il dit lors de sa première audition ?

Muet lors de son attaque, l’adolescent a revendiqué son acte devant les policiers. « Il leur a dit avoir agi au nom d’Allah et de l’Etat islamique, a indiqué le procureur. Il a répété à plusieurs reprises avoir agi au nom de Daesh. Parce que selon lui, les musulmans déshonorent l’islam et les soldats français gardent les juifs. »

Le jeune homme a indiqué ensuite qu’il voulait s’en prendre à des policiers. En plus de sa machette, il avait sur lui un couteau en céramique de 20 cm qu’il « réservait à des policiers ». Il n’a pas eu le temps de le sortir et de mettre son plan à exécution.

« Il a également déclaré qu’en sortant [du commissariat], il voulait se procurer des armes à feu et tuer des policiers », a révélé Brice Robin. Selon les premiers éléments de l’enquête, l’adolescent se serait radicalisé via Internet. L’examen de son ordinateur permettra peut-être de le confirmer. « Il maîtrise certaines dialectiques, a indiqué Yannick Blouin. Mais on voit bien aussi qu’il ne maîtrise pas complètement les fondements de l’islam ».

Quelles sont les suites judiciaires ?

En raison des revendications de l’agresseur, le procureur a retenu la préméditation. L’agresseur a donc été mis en garde à vue pour « tentative d’assassinat en raison d’une appartenance religieuse » et « apologie du terrorisme ». La section antiterroriste de Paris s’est saisie de l’enquête.