OM: Comment Drogba fait encore frissonner Marseille

FOOTBALL Retraite ou pas retraite, Didier Drogba est encore capable, plus de 10 ans après son départ, de faire trembler l'OM...

Christine Laemmel
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Didier Drogba le 8 avril 2004 à Marseille
Didier Drogba le 8 avril 2004 à Marseille — PATRICK VALASSERIS / AFP

Qu’importe l’info. Pourvu qu’elle contienne le nom de Didier Drogba, les supporters marseillais s’affolent. L’attaquant de l’Impact de Montréal prend sa retraite ? « C’est peut-être pour venir entraîner l’OM » s’enflamme un internaute sur Twitter. Le joueur démentit ? « Ça veut dire qu’il peut encore revenir jouer à Marseille ». Rien n’aura plus fait frémir les Phocéens ces dix dernières années que la rumeur Drogba. Divinisé en seulement 55 matchs disputés à l’OM, l’Ivoirien a laissé une trace indélébile dans les souvenirs du Vélodrome. Trois supporters nous expliquent pourquoi.

« Je n’avais jamais vu le Vél’dans cet état là »

« 32 buts », lâche sobrement Adrien. L’explication pourrait s’arrêter là. « J’avais 15 ans à l’époque, il m’a fait rêver ». Surtout ce 7 mai 2004 que tous citent en exemple. Il permet à l’OM d’aller en finale de la Coupe UEFA (Ligue Europa) et inscrit un but d’anthologie.

« Je n’avais jamais vu le Vél’ dans cet état là, frémit encore Alexandre, qui n’avait que 14 ans à l’époque, c’était incroyable, le stade tremblait ».

« Toute l’équipe jouait pour lui »

Débarqué de nulle part (de Guingamp), Drogba ne signe pas en future star. Pourtant, là où un Gignac a eu besoin de plusieurs de rodage avant de décoller, Drogba tâtonne quatre-cinq matchs puis explose. « On n’a jamais eu un attaquant aussi fort sur une courte période », analyse Adrien.

Cette saison de 2003-2004, Didier Drogba a porté l’OM sur ses épaules. « Il est devenu l’élément central de l’équipe, se souvient Matthieu, contributeur sur OMForum.com. Il cristallisait tout, les médias, les adversaires. Un peu à l’image d’Henry à Arsenal. Toute l’équipe jouait pour lui, il débloquait toutes les situations et a fait gagner la moitié des matchs à l’OM. » « Il était dans une équipe très moyenne dirigé par Anigo, poursuit Alexandre, où on jouait à cinq derrière et on balançait les longs ballons sur lui. »

« Comme avec Marcelo Bielsa »

Et puis il y a eu la trahison. Le départ à Chelsea, logique. Et ce flottement où tous les Marseillais sont devenus des Ivoiriens fans des Blues. « Quand il va au Parc en 2005, marque ce doublé et va crier devant la tribune "allez l’OM", c’était magique », pour Alexandre. Mais suivent ces années à faire miroiter son retour à Marseille. « Les deux premières saisons, je pense qu’il était sincère, veut croire Adrien, mais après c’était de la com’». Et c’est peut-être cette attente qui a vraiment créé le mythe dans l’esprit de certains supporters. Lui ne « l’idolâtre pas ».

« J’avais un amour fou pour lui, appuie aussi Matthieu, mais petit à petit je m’en suis complètement détaché. » L’Ivoirien a déchaîné des passions du même ordre qu’un certain Argentin, parti sans prévenir. « Comme avec Marcelo Bielsa, commente Alexandre, ça a été un amour court mais intense qui n’aura duré qu’un an et qui aura mal fini. »

Aujourd’hui, les trois supporters sont un peu amers. Alexandre digère mal le départ de Drogba à Montréal après avoir taclé un OM « sans projet » cet été. « Il savait pertinemment qu’il ne reviendrait jamais mais laisser la porte ouverte l’arrangeait pour négocier ses contrats. Je pense qu’il n’a plus beaucoup de sympathisants du côté de Marseille ». Mais suffisamment pour frémir à l’approche de sa retraite.