Marseille: Avec les débâcles électorales, le budget du PS a été divisé par deux

POLITIQUE Selon le premier secrétaire du PS dans les Bouches-du-Rhône, la fédération a perdu 300 000 à 350 000 euros de budget…  

Mickael Penverne

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Jean-David Ciot, premier secrétaire du PS dans les Bouches-du-Rhône.
Jean-David Ciot, premier secrétaire du PS dans les Bouches-du-Rhône. — MickaÎl Penverne / 20 Minutes

Après avoir perdu de nombreux militants, la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône perd maintenant de l'argent. La moitié de son budget s'est envolé depuis 2013. C’est ce qu’a indiqué jeudi le Premier secrétaire fédéral, Jean-David Ciot, lors d’une rencontre informelle avec la presse. Après avoir subi une déroute aux élections municipales en 2014, aux départementales puis aux régionales en 2015, le PS a vu ses recettes, dont une grande partie provient des élus, fondre comme neige au soleil.

Le budget de la fédération, qui demeure l’une des plus importantes de France avec celles de l’Ile-de-France et du Nord-Pas-de-Calais, est passé « approximativement de 600-700 000 euros à 300-350 000 euros », a indiqué Jean-David Ciot précisant : « C’est la perte des élus qui a impacté le plus ». Au PS, chacun d'entre eux verse automatiquement 10 % de ses indemnités au parti.

Sale période

A Marseille par exemple, les socialistes ne sont plus que 16 à siéger. A la communauté urbaine (qui deviendra un conseil de territoire au sein de la métropole), ils ne sont plus que 21. Au conseil départemental, la situation s’avère aussi compliquée entre les socialistes menés par Frédéric Vigouroux (9), les socialistes et écologistes dirigés par Benoit Payan (5), et les socialistes alliés aux élus de la Force du 13, le parti de Jean-Noël Guérini (5).

Au conseil régional, c'est plus simple: il n’y a plus aucun élu socialiste après le désistement de la liste de Christophe Castaner entre les deux tours. Mais le PS n’a pas perdu que des élus. Il a dû aussi se séparer de plusieurs collaborateurs dans chacune de ses collectivités, et vu disparaître des opportunités d’en « caser » d’autres. Bref, le parti traverse une sale période qui dure depuis au moins cinq ans et le début des ennuis judiciaires de son ancien patron, Jean-Noël Guérini.

Des états généraux et un livre blanc

Pour tenter de remonter la pente, Jean-David Ciot et son équipe ont programmé des « Etats généraux » en 2016, afin de préparer « un programme cohérent et répondant aux attentes des citoyens dans la perspective des élections présidentielles et législatives » de 2017. Ces rencontres débuteront début mars et dureront jusqu’à mi-juillet.

Le résultat de ce travail sera rassemblé en septembre dans un « livre blanc des présidentielles et des législatives » qui sera remis au Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis. « Le PS pourrait disparaître s’il n’a rien à dire », a rappelé jeudi Jean-David Ciot, souvent contesté en interne mais qui entend cependant mener la « rénovation » au sein de la fédération.

Mais avant cela, le Premier secrétaire fédéral devra repasser devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence, le 13 janvier, pour son licenciement du conseil départemental des Bouches-du-Rhône en mai 2011. Six mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité ont été requis en novembre par l’avocat général. En première instance, en 2014, il avait été relaxé par le tribunal correctionnel de Marseille.