OM: Comment éviter les blessures avec un calendrier aussi chargé ?

FOOTBALL Avec un match tous les quatre jours, les Olympiens vont soumettre leur corps à rude épreuve…

C.L.

— 

Extrait du planning de l'OM en janvier 2016
Extrait du planning de l'OM en janvier 2016 — OM

27 matchs déjà joués depuis le début de la saison. 40 au total d’ici fin février. L’Olympique de Marseille est au beau milieu d’un planning très chargé. Le club est engagé dans quatre compétitions : le Championnat, la Coupe de France, la Coupe de la Ligue et la Ligue Europa. En janvier et en février, les Olympiens joueront plus d’un match tous les 4 jours. Avec un impact non négligeable sur leur physique.

« Vous lâchez beaucoup de jus dans ces cas-là, autant physiquement que psychologiquement, explique Alexandre Germain, kinésithérapeute au Centre de Kiné du Sport de Lyon. Même si les joueurs préfèrent souvent enchaîner, un match c’est du stress et sur le long terme, c’est usant. »

L’infirmerie se remplit

Dimanche dernier, les Olympiens ont déjà tenu plus de 120 minutes de jeu face à Caen, avant de l’emporter aux tirs au but. Une éprouvante rencontre, assurée à 10 après l’expulsion de Karim Rekik (61e), qui laisse deux blessés. Benjamin Mendy, touché à la cuisse, sera écarté au moins un mois. Paolo De Ceglie, « sonné » d’après les mots de Michel après un choc aérien, reste incertain.

Ces forfaits s’ajoutent à l’indisponibilité de Romain Alessandrini, absent depuis le 1er novembre, à cause d’une fissure de l’aponévrose plantaire. La reprise du milieu offensif a été annoncée pour la mi-janvier par Michel. Georges-Kévin Nkoudou, en convalescence après sa lésion aux ischio-jambiers contre le Gazelec Ajaccio, devrait rejouer dès ce week-end. Comme Brice Dja Djé Djé, handicapé par une douleur à la cuisse. Rémy Cabella souffre, lui, des adducteurs et Bouna Sarr d'une entorse aggravée. Enfin, Abou Diaby, serpent de mer de l’infirmerie, est actuellement grippé.

La liste des joueurs fragilisés, en rémission ou carrément non sélectionnables, commence doucement à s’allonger à la Commanderie. Et cela ne devrait pas aller en s’arrangeant. « Accentuer le rythme augmente fatalement le rythme de blessure, confirme Alexandre Germain. Mais tout dépend de la gestion de la récupération et de la rotation de l’effectif. »

Quand on n’a pas l’effectif, on « tire sur la corde »

Paris est le seul club français à jouer comme Marseille sur quatre tableaux. Mais si Laurent Blanc évoquait à la veille de la trêve hivernale le « calendrier de fou » de ses ouailles, le coach du PSG a de quoi faire tourner ses joueurs. « Les grandes équipes européennes qui jouent tous les trois jours renouvellent souvent leur effectif, confirme le spécialiste. Si on ne le fait pas, à long terme, ça lâche. » Michel, lui, ne déborde pas de pions de rechange à poste égal. Preuve en est, la solitude de Michy Batshuayi en pointe, notée à plusieurs reprises par l’Espagnol et priorité numéro une du mercato. Dans ces cas-là, « on tire sur la corde et on redouble de vigilance », explique l’ancien kiné du centre de formation de l’OL. Quitte à alléger les séances d’entraînement en semaine. « Le plus important reste que le joueur soit performant le week-end ».

Le « travail de l’ombre » aura aussi son importance pendant ces mois intenses. « C’est tout ce que le joueur fait en dehors », développe Germain. De la sieste, à une bonne alimentation. « Si le sportif fait deux ou trois écarts, la récupération est moins bonne. » Et l’OM ne peut pas vraiment se payer le luxe du manque de sérieux.