Marseille: Christian Estrosi désormais seul face au FN

POLITIQUE Christian Estrosi sera élu vendredi président du conseil régional face au FN qui promet une « opposition constructive »…

Mickael Penverne
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Christian Estrosi lundi 14 décembre au conseil régional, à Marseille.
Christian Estrosi lundi 14 décembre au conseil régional, à Marseille. — AFP

Moins d’une semaine après le second tour, le conseil régional se réunit vendredi en séance plénière pour élire son président. Avec 54,5 % des suffrages, la liste menée par Christian Estrosi a obtenu 81 sièges. Les élus Les Républicains auront en face d’eux un seul parti d’opposition, le Front national. Avec 45,5 % des voix, la liste de Marion Maréchal-Le Pen a décroché 42 sièges.

Même si elle n’a aucune chance de l’emporter, la députée du Vaucluse devrait se présenter à la présidence du conseil régional face au candidat Les Républicains. Marion Maréchal-Le Pen ne pourra pas s’exprimer pendant la séance mais elle a quand même prévu de s’exprimer publiquement avec une conférence de presse organisée dans une des salles du conseil régional, « lors de la suspension de séance vers midi ».

« On l’a organisée à ce moment-là, c’est-à-dire entre l’élection du président et celle des membres de la commission permanente, parce qu’on craignait que vous, les journalistes, partiez avant la fin, explique Frédéric Boccaletti, conseiller régional et directeur de campagne de Marion Maréchal-Le Pen. On sait très bien que c’est l’élection du président qui vous intéresse. Pas le reste ».

Une tribune pour la gauche

Ce sera la seule occasion pour elle de répondre au discours de Christian Estrosi. Une fois élu, ce dernier devrait rappeler en effet les lignes directrices qu’il compte donner à son mandat. Lors de la campagne, il avait fait de nombreuses promesses dans les transports (une carte unique et des voyages à 1 euro pour les étudiants), la formation professionnelle (l’augmentation du nombre d’apprentis) ou encore le développement économique (la création d’une « Smart’Région »).

Le député-maire de Nice devrait surtout rappeler la responsabilité « qui pèse sur (ses) épaules » depuis le second tour. Pour « remercier » les électeurs de gauche qui l’ont élu, et les candidats qui ont fait le « sacrifice » de ne pas se présenter, il lancera en janvier un « conseil territorial » qui doit permettre aux partis absents de l’hémicycle régional de disposer d’une « tribune ».

Après avoir reçu cette semaine la bénédiction des anciens présidents de la Région (Jean-Claude Gaudin, Michel Pezet et Michel Vauzelle), Christian Estrosi devrait préciser vendredi les contours de ce « conseil territorial » qui sera chargé de donner son avis sur les grands dossiers de la région - sans tomber non-plus dans la « cogestion », a tenu à préciser le leader des Républicains.

« On ne peut voter contre une sanisette »

Au FN, l’argument contre cette nouvelle instance est déjà prêt. Le futur conseil territorial est un « déni de démocratie », selon Frédéric Boccaletti. « Les électeurs ont fait leur choix. Ils ont donné une leçon électorale à la gauche pour sa gestion. Ils ne font plus partie du jeu politique et malgré cela, on les laisse à nouveau rentrer. C’est du jamais vu ».

Désormais seuls face aux Républicains, les élus du FN assurent qu’ils mèneront un « travail d’opposition constructif ». « On mettra Christian Estrosi devant le fait accompli, on lui rappellera ses promesses, promet Boccaletti. Mais quand les propositions iront dans le sens de l’intérêt général, nous voterons favorablement. Dans les collectivités locales, on sait que les délibérations sont votées à 60 ou 70 %. C’est vrai qu’on ne peut pas aller, par exemple, contre l’installation d’une sanisette dans un stade ».