Marseille: Une ancien chef de cabinet de Guérini devant la justice pour détournement de fonds

JUSTICE Michèle Soyer, une ex-chef de cabinet de Jean-Noël Guérini, a comparu pour détournement de fonds...

M.P. avec AFP
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Le conseil général des Bouches du Rhône
Le conseil général des Bouches du Rhône — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Michèle Soyer, une ex-chef de cabinet de l’ancien président du Conseil général, Jean-Noël Guérini, a comparu mercredi à Marseille pour « détournement de fonds » dans une affaire d’heures supplémentaires payées indûment à des huissiers de cette collectivité.

L’affaire a démarré après un signalement de la Cour régionale des comptes dénonçant le versement d’heures supplémentaires, non effectuées ou surpayées, à sept huissiers placés au service du président du Conseil général. La cour s’était intéressée à une courte période, de 2007 à 2012, mais « le système remontait à quarante ans », a noté la présidente du tribunal durant l’audience.

Les huissiers ont reconnu les faits

Michèle Soyer, chef de cabinet de Jean-Noël Guérini de 2005 à mars 2015, affectait leurs missions aux huissiers puis signait leurs déclarations d’heures supplémentaires. Au fil des ans, un forfait d’heures supplémentaires avait été institué, permettant aux huissiers de bénéficier de 300 à 400 euros de salaires mensuel supplémentaire, qu’ils aient travaillé ou non.

Durant l’enquête, les intéressés ont reconnu avoir bénéficié du système. « Ça me faisait plaisir de les toucher, on m’en donnait l’occasion », a admis l’un d’eux. L’ancien président du conseil départemental, qui avait indiqué « n’avoir pas eu de détail de la situation », y avait mis fin après le signalement de la cour des comptes.

La prévenue se défend

Devant le tribunal, Michèle Soyer s’est défendue d’avoir eu une quelconque autorité sur les huissiers du cabinet présidentiel : « Je ne suis pas leur supérieure », a-t-elle dit. « Mais vous validiez les heures supplémentaires, ça ne vous a pas contrariée » ? a rétorqué la présidente. « Je pouvais attester de la réalité des missions, pas de leur durée », a-t-elle répondue.

Le parquet a requis six mois de prison avec sursis à son encontre. Le délibéré a été fixé au 27 janvier.