Élections régionales: Comment Christian Estrosi cherche à rassurer la gauche

POLITIQUE Le futur président de la région PACA veut créer un conseil territorial et un conseil des sages...

M.P. avec AFP
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Christian Estrosi après sa victoire.
Christian Estrosi après sa victoire. — AFP

Après sa victoire au second tour des élections régionales dimanche, Christian Estrosi était en visite lundi à Marseille. Il a rencontré le maire de la ville, et futur président de la métropole Aix-Marseille-Provence, Jean-Claude Gaudin, avant le – désormais – ex-président du conseil régional, le socialiste Michel Vauzelle.

 

Le député-maire de Nice n’a pas souhaité s’exprimer après ces deux rendez-vous. Mais les trois hommes ont sans doute discuté de la réponse à apporter à la gauche qui, dans la région, a donné une bonne partie de ses voix au candidat Les Républicains. Alors qu’il n’avait recueilli que 470.000 suffrages au premier tour, Christian Estrosi a plus que doublé son score la semaine suivante : plus d’un million de voix.

Après le retrait de la liste socialiste, au lendemain du premier tour, le candidat Les Républicains avait déjà recentré son discours, revêtu à la hâte le costume du « résistant gaulliste-social » et avancé une proposition pour rassurer les électeurs de gauche : la création d’un conseil territorial « pour que s’expriment ceux qui ont fait le sacrifice de ne pas être au second tour ».

Un coup de com’

Ce conseil sera mis en place en janvier et se réunira au minimum une fois avant chaque séance plénière du conseil régional pour examiner, en amont, les projets soumis aux élus. « Il rendra un avis public, il sera à même de faire des propositions », précise-t-on dans son entourage. « Ce sera une création purement régionale et totalement inédite », souligne Richard Ghevontian, professeur de droit constitutionnel à l’université Aix-Marseille.

Mais selon le politologue, il faudra le considérer comme « un simple geste vis-à-vis du Parti socialiste ». « Il n’aura aucun pouvoir de décision, précise-t-il. Ce ne peut être qu’une structure consultative ». Pour le chercheur, cette nouvelle « institution » ne constitue donc qu’un « argument de campagne ». Pire, « de la communication ».

Les trois sages

Son mode de fonctionnement devra être déterminé de même que le nombre de personnes y siégeant par une sorte de « conseil des sages » qui sera composé des anciens présidents du conseil régional, Michel Pezet, Jean-Claude Gaudin et Michel Vauzelle. « Je suis très favorable à cela », a indiqué Jean-Claude Gaudin qui juge l’initiative « juste et équitable ». « Il faudra donner l’idée d’un dialogue », a-t-il ajouté.

Michel Pezet rencontrera mercredi Christian Estrosi. L’ancien député des Bouches-du-Rhône voit dans ce « conseil territorial » une « marque d’ouverture vers la gauche ». « On peut toujours soupçonner quelqu’un d’arrière-pensées électorales mais j’ai l’impression qu’il veut concrétiser quelque chose. C’est de bon augure, déclare-t-il. En politique, il faut la légalité mais aussi la légitimité du terrain. A l’évidence, Estrosi ne peut pas faire abstraction des voix de gauche qui se sont reportées sur lui dimanche dernier ».

Un shadow cabinet

En attendant que le futur président du conseil régional de PACA précise ses idées, son ancien adversaire, Christophe Castaner, lui met déjà la pression. Le socialiste, qui a recueilli 16,5 % des suffrages au premier tour, a annoncé son intention de créer un « observatoire régional » qui sera composé d’élus sortants, d’anciens candidats présents sur les listes départementales, de représentants des partis de toute la gauche et « des forces vives de notre région ».

Fonctionnant sur le modèle d’un « cabinet fantôme », cet observatoire aurait pour mission de surveiller et de critiquer le futur exécutif régional afin de préparer « l’alternance politique et la reconquête par la gauche des territoires perdus en 2014 comme en 2015 ».