Régionales 2015: Estrosi, le «résistant», bat le rappel des troupes à droite et à gauche

POLITIQUE Christian Estrosi, qui se présente comme un « résistant », tente aussi de séduire la gauche avec de nouvelles propositions…

Mickael Penverne

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Christian Estrosi et Renaud Muselier à Marseille.
Christian Estrosi et Renaud Muselier à Marseille. — MickaÎl Penverne / 20 Minutes

« Dimanche soir, on s’est retrouvé dans un schéma éminemment compliqué, se souvient Renaud Muselier. Mais dans la nuit, on a construit un schéma très simple : la résistance ». Depuis le premier tour des élections régionales, la tête de liste pour les Républicains Christian Estrosi tente de rentrer dans son nouveau costume : de candidat au discours très à droite, il essaye de devenir aujourd’hui le « résistant ». Avec une majuscule si possible pour convaincre son camp, toujours sensible aux rappels historiques, de le suivre jusqu’à dimanche.

Mardi, au pôle média de La Belle de Mai à Marseille, le député-maire de Nice s’est ainsi insurgé contre les « rumeurs » et les « attaques » du « clan Le Pen ». Il a rappelé notamment que son père « arrêté par la Gestapo, emprisonné à Clermont-Ferrand puis déportés vers (les) camps » était « du côté de la liberté (et) de la résistance ». « Ces valeurs, il me les a transmises. Elles sont au fondement de mes convictions personnelles et de mon engagement politique », a-t-il martelé.

Au moins 60 % des voix de gauche espérées

Mais pour espérer l’emporter dimanche prochain, Christian Estrosi devra aussi attirer des électeurs de gauche dont beaucoup gardent en tête ses propos sur la « cinquième colonne » notamment, et se montrent très réticents à voter pour lui. Selon Renaud Muselier, tête de liste dans les Bouches-du-Rhône, la droite devra récupérer « au moins 60 % des voix de gauche ». « C’est beaucoup mais c’est faisable », assure le député européen.

Pour amadouer ces électeurs, le maire de Nice propose de créer un « conseil territorial » pour permettre « à ceux qui ont fait le sacrifice de ne pas être candidats au second tour, par esprit républicain, de pouvoir s’exprimer et se prononcer sur la vie de la collectivité ». Le concept, encore flou, assurerait une représentation de tous les départements et pourrait rassembler « les têtes de liste qui n’ont pas été élues », selon Renaud Muselier qui dit être à l’origine de cette idée.

Discussions entre état-major

Christophe Madrolle a jugé cette proposition insuffisante. « Pour remobiliser à gauche, votre appel au rassemblement doit aller plus loin et plus concrètement », indique l’ancienne tête de liste pour le PS et ses alliés dans les Bouches-du-Rhône. Il lui demande donc des « engagements concrets » sur l’économie sociale, la culture et la solidarité, pour « offrir à un électorat de gauche, troublé, un signe fort qui pourrait lui permettre de se mobiliser sans avoir l’impression de renoncer à ses valeurs ».

A la Belle de Mai, Christian Estrosi n’a pas souhaité aborder ces questions. Depuis dimanche, c’est Renaud Muselier qui fait le lien avec la gauche des Bouches-du-Rhône, département-clé pour le second tour. « J’ai déjà dit à Patrick Mennucci que nous allions sanctuariser le budget de la culture, explique-t-il. Quant au planning familial, il n’est pas question d’y toucher. Enfin, pour la carte Zou ! [pour les transports], nous allons changer simplement son nom, pour ensuite l’améliorer ».

L’eurodéputé, qui fait le tour des mairies du département, y compris celles de gauche comme Istres et Fos-sur-Mer, se dit persuadé de pouvoir gagner la région « d’un chouia ». « Ça va être dans un trou de souris. Mais on va réussir à se glisser dedans », conclut-il.