Marseille: Le personnel et les patients insuffisamment protégés contre les rayons à la Timone

HOPITAL L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a rendu un rapport accablant sur la radiologie au sein de l'hôpital marseillais…

A.R. avec AFP

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La Timone.
La Timone. — Patrice Magnien/20 Minutes

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) relève un « défaut majeur dans la culture de radioprotection » au sein de la Timone, le plus grand hôpital de Provence-Alpes-Côte-d’Azur. Le gendarme du nucléaire pointe des équipements de protection pas portés ou une formation à la protection des patients insuffisante.

Le personnel n’a pas validé la formation à la radioprotection des patients

Parmi les éléments relevés dans le rapport figurent les carences dans la formation des personnels qui utilisent des rayons X.

« Aucun membre du personnel médical » utilisant ces rayons, qui permettent par exemple de faire des radios, « n’a validé la formation à la radioprotection des patients », relèvent les inspecteurs de l’ASN dans leur rapport, rédigé après une inspection en octobre. Or, « cette formation constitue un pré-requis pour effectuer des actes faisant intervenir des rayonnements ionisants sur les patients », ajoutent-ils.

Les patients ne sont pas non plus informés systématiquement, comme ils devraient l’être, des rayons qu’ils ont pu recevoir lors d’un examen, « la dose ou les éléments utiles à l’estimation de la dose reçue (n’étant) pas toujours reportés dans les comptes rendus d’actes ».

Lunettes de protection non portées, les tabliers, jupes et chasubles de plomb au sol…

Par ailleurs que les dosimètres que devraient porter les salariés pour mesurer la quantité de rayons qu’ils reçoivent, et les alerter s’ils dépassent les seuils dangereux pour la santé, sont rarement sortis. « Environ 90 % du personnel des blocs n’a jamais activé de dosimètre opérationnel au cours des douze derniers mois », précise l’Autorité, beaucoup ne sachant pas à quoi servent ces appareils.

Pour protéger le cristallin des rayons qui peuvent l’endommager, des lunettes de protection sont « mises à disposition des chirurgies au bloc, mais ne sont pas portées », déplorent les inspecteurs. Lors de leur visite, les tabliers, jupes et chasubles de plomb, qui doivent faire rempart contre les rayons, étaient pour certains « disposés à même le sol », faute de place suffisante pour les ranger correctement, et s’abîment anormalement.

Des manquements ont également été observés au niveau des indicateurs placés dans les salles de bloc opératoire pour indiquer qu’un appareil émettant des rayons a été allumé.

L’AP-HM promet une campagne de sensibilisation sur l’utilisation des équipements et des dosimètres et une « mise à niveau » de toutes les salles de la Timone 2 pour répondre aux nouvelles normes d’ici au 1er janvier 2017.

« Compte tenu du défaut majeur de culture de radioprotection au sein des blocs opératoires », l’Autorité enjoint l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) de corriger de nombreux points, et prévient qu’une nouvelle inspection aura lieu « à moyen terme ». L’APHM a indiqué être « en train de préparer la réponse » à ce rapport.

« Compte tenu du défaut majeur de culture de radioprotection au sein des blocs opératoires », l’Autorité enjoint l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) de corriger de nombreux points, et prévient qu’une nouvelle inspection aura lieu « à moyen terme ». Avec ses 1 000 médecins, et ses 1 069 lits et places, l’hôpital regroupe des services de pointe mais, comme l’ensemble des hôpitaux de l’AP-HM, il est régulièrement épinglé pour des défaillances dans sa gestion.