Régionales 2015: Christophe Castaner a plié «sous la pression» de Paris

POLITIQUE Le candidat socialiste aux élections régionales, Christophe Castaner, était prêt à donner son mandat pour une liste de gauche au second tour...

Mickael Penverne

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Christophe Castaner.
Christophe Castaner. — SIPA

Malgré les critiques et les grincements de dents, il ne devrait pas avoir de liste de gauche au second tour des régionales. Dimanche soir, plusieurs heures après l’annonce des résultats, le candidat socialiste Christophe Castaner a annoncé le retrait de sa liste. Une décision qui est mal passé auprès des militants mais aussi de nombreux élus dont le maire de la Seyne-sur-Mer, Marc Vuillemot, qui a appelé à créer une « liste d’union de gauche et d’écologie ».

Une pétition a même été lancée sur Internet. Mais sans doute pour rien. Les candidats ont jusqu’à mardi soir, 18 heures, pour déposer leur liste en préfecture. La gauche n’en déposera pas. « Il faudrait pour cela que Christophe Castaner donne mandat à l’un de ses colistiers, explique Ladislas Polski, porte-parole du candidat socialiste. Or, il a annoncé qu’il se retirait. Il faut respecter sa décision. Il a été soumis à une très grande pression ».

Un « sacrifice » inutile ?

Selon le responsable régional du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), le candidat socialiste a pourtant envisagé cette solution avant le premier tour. « On en a parlé lors du dernier comité de campagne, raconte-t-il. Christophe Castaner nous a dit qu’il était prêt à donner son mandat s’il y avait une volonté de maintenir la liste et si lui-même ne se sentait pas d’y aller. A ces conditions, il nous a dit qu’il n’y mettrait aucun obstacle ».

Selon Ladislas Polski, le candidat socialiste a changé de position sous la pression de Paris, et du Premier secrétaire du PS en particulier. Jean-Christophe Cambadélis « a pris sa décision sans nous consulter (…). C’est une forme de déni de démocratie », peste le chevènementiste. D’autant, confirme-t-il, que de nombreux militants et de sympathisants de gauche rechignent à voter pour Christian Estrosi : « Beaucoup de citoyens modérés et progressistes ont du mal à voir en lui un résistant ».

Le pire, conclut-il, « c’est que je ne pense même pas que cela suffise à battre Marion Maréchal-Le Pen ».