Régionales 2015: La gauche n'est pas «morte», mais va devoir «offrir un autre visage » en PACA

POLITIQUE Après les défaites aux municipales, départementales, la gauche subit une nouvelle défaite aux régionales...

Mickael Penverne

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Christophe Castaner en meeting.
Christophe Castaner en meeting. — SIPA

Au premier tour des élections régionales de mars 2010, la gauche avait totalisé 47,6% des suffrages exprimés : 29,46% pour Michel Vauzelle, 10,17% pour Laurence Vichniewsky et 7,97% pour Jean-Marc Coppola. Cinq ans après, elle a divisé son score par deux. Dimanche soir, Christophe Castaner (16,59%) et le duo Sophie Camard-Jean-Marc Coppola (6,54%) n’ont obtenu que 23,13% des voix sur l’ensemble de la région. Après les défaites aux municipales en 2015, notamment à Marseille, puis aux départementales en 2015, en particulier dans les Bouches-du-Rhône, la gauche subit ainsi un nouveau revers dans la région.

Mais cette fois, la situation prend des proportions inédites puisque, après quelques heures d’hésitation et de discussions, le candidat socialiste a décidé de retirer sa liste pour le second tour afin de faire barrage au Front national. Il n’y aura donc aucun élu de gauche dans le prochain conseil régional. Il y en avait 72 lors de la précédente mandature. Quel est l’avenir de la gauche, et en particulier du Parti socialiste, dans une région où il ne dirige aucune des trois métropoles (Marseille, Nice et Toulon) et un seul département sur six (les Alpes-de-Haute-Provence) ?

«Tout à reconstruire»

« Cela fait plusieurs années que le PS est affaibli, notamment dans les Bouches-du-Rhône alors que cette fédération était historiquement la plus forte, rappelle d'abord Richard Ghevontian, professeur de droit constitutionnel à l’université d’Aix-Marseille. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui, son état est alarmant : le parti n’aura pas d’élu, pas de responsabilité et pas accès à l’hémicycle (régional). C’est totalement inédit pour lui ».

« C’est un débat que nous devrons mener à partir de lundi prochain (après le second tour), renvoie pour sa part Elsa Di Méo, conseillère régionale sortante. Auteur d’une tribune parue lundi matin dans Libération et baptisée « l’appel de Fréjus », l’élue socialiste pense qu’il « trop tôt » pour évoquer l’avenir de la gauche dans la région mais ajoute : « De toute façon, il faut être clair : quand on est aussi bas, comme on l’est aujourd’hui dans le Var (13,5% pour le PS), on a, de toute façon, tout à reconstruire ».

Le fantôme Guérini

A Marseille, Samia Ghali tente de relativiser l’échec du premier tour et explique que la gauche (PS et alliés) « se maintient, malgré tout ». « Ici, nous sommes devant Les Républicains, indique la sénatrice-maire de secteur. C’est vrai que dans d’autres départements, comme les Alpes-Maritimes, c’est plus compliqué mais dans les Bouches-du-Rhône, on n’est pas si mal. Si on regarde les résultats dans le détail, on n’a pas à rougir ».

« Nous ne sommes pas morts, martèle Marie-Arlette Carlotti. Nous avons toujours un électorat qui est là et qui a besoin de nous entendre. Nous avons des combats à mener, mais à condition, c'est vrai, que le PS se réforme. Nous ne pouvons plus être comme avant. Nous devons offrir un autre visage, ouvrir de nouveaux espaces de discussion ». Et la députée des Bouches-du-Rhône d’en appeler, une nouvelle fois, à « en finir avec cette page Guérini qui ne veut toujours pas se tourner ».