Marseille: Des start-up font du business vert à la COP21

ECONOMIE Une dizaine de start-up marseillaise se rendent vendredi à la COP21 pour développer leur business...

Mickael Penverne

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Abricotoit propose d'installer des potagers sur les toits.
Abricotoit propose d'installer des potagers sur les toits. —

A la COP21, on parle beaucoup de climat et d’environnement. Mais aussi un peu de business. En marge des négociations des diplomates au Bourget, les acteurs économiques ont mis en place leur propre espace de rencontre. Le Grand Palais s’est ainsi transformé en « hub des solutions climat » avec des centaines d’entreprises venues pour vendre ou acheter des « solutions vertes ». Parmi celles-ci, une dizaine d’entrepreneurs marseillais, rassemblés sous la bannière « Les fourmis de PACA », feront le déplacement vendredi.

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Julien Girardon est une de ces petites « fourmis ». Originaire des quartiers nord, ce docteur en biotechnologie végétale est en train de créer sa première entreprise baptisée Abricotoit, qui propose d’aménager et d’entretenir des potagers sur le toit des immeubles. C’est en faisant le constat que les « tomates font parfois 2.000 km et qu’elles n’ont même pas de goût » et que « les fruits bios produits localement sont hyper chers » qu’il a eu l’idée de vendre ce concept d'« agriculture urbaine » déjà expérimentée aux Etats-Unis et à Paris.

Un talent des cités

Concrètement, Abricotoit mène les études d’aménagement et fournit les « lits de potager » qui sont en fait des bacs en bois étanches et remplis de terreau. « Les toits représentent une surface largement inexploitée où l’on pourrait produire des fruits et des légumes en fonction de la demande », assure Julien Girardon. L’idée s’adresse aux particuliers ou aux restaurateurs mais le jeune homme, élu Talent de cités 2015, espère aussi intéresser les bailleurs sociaux de la ville qui dispose d’un immense parc immobilier, notamment dans les quartiers nord.

Autre initiative marseillaise présente au Grand Palais : Metsens, le « bistrot contemporain » de Thomas Arnaud et Jean-Philippe Carmona. Créée il y a sept ans, l’entreprise est spécialisée dans la restauration rapide haut de gamme avec des produits AOP ou AOC mais aussi des fruits et légumes produits localement pour limiter l’impact carbone. La société, qui emploie aujourd’hui une quinzaine de personnes, emballe ses plats uniquement dans du « packaging » biodégradable et recyclable.

L’environnement, une opportunité

Déjà présente dans le 4e arrondissement et aux Terrasses du Port, Metsens espère ouvrir rapidement une trentaine de restaurants en France. Si elle trouve les conditions de son développement. « Globalement, nous avons beaucoup de demande mais peu d’offre dans notre secteur, souligne Thomas Arnaud. Nous, nous avons, par exemple, un problème d’approvisionnement. On ne trouve pas assez de producteurs. A Paris, on espère rencontrer des fournisseurs ou des confrères qui pourraient nous aider ».

« Les petites fourmis de PACA » comptent ainsi sur la COP21 pour faire des rencontres, multiplier les contacts ou trouver de nouvelles idées. Bref, développer leurs affaires. « Ce n’est pas qu’une opération pour faire du business. Nous sommes certes des entreprises mais nous sommes aussi des citoyens engagés, se défend Tahar Slimani, fondateur de la plateforme « euroméditerranéenne » de financement participatif Kaalisi. Pour nous, l’environnement n’est pas une charge mais une réelle opportunité ».