Incidents OM-OL : Le meneur des Ultras récolte trois mois de prison avec sursis

FOOTBALL Florent a été condamné pour provocation à la haine…

Christine Laemmel

— 

Mathieu Valbuena a connu un retour au Vélodrome compliqué à l'occasion de OM-Lyon (1-1), le 20 septembre 2015.
Mathieu Valbuena a connu un retour au Vélodrome compliqué à l'occasion de OM-Lyon (1-1), le 20 septembre 2015. — FRANCK PENNANT / AFP

La « pasteurisation » du football, dénoncé par l’avocat de la défense, n’a pas gagné ce mercredi. Florent, meneur des Ultras le soir du match interrompu entre Marseille et Lyon, était accusé d’avoir scandé des chants appelant au meurtre de Mathieu Valbuena et d’avoir accroché une poupée à l’effigie du joueur.

Relaxé dans l’affaire de la potence, il a finalement écopé de trois mois de prison avec sursis - la procureure réclamait le double - et de six mois d’interdiction de stade, pour provocation à la haine. 

>> A lire aussi: Du sursis pour trois supporters ayant participé aux échauffourées lors d'OM-OL

L’ambiance était légère dans la 11e chambre correctionnelle du TGI de Marseille. Presque plus curieux qu’interrogateur, le président cherche à comprendre le fonctionnement du virage sud. Interroge Florent, sur la prise de décision chez les Ultras.

Qui choisit les chants ? Qui décide d’accrocher une potence ? « Ça se fait comme ça », répondront le prévenu comme Christophe Bourguignon, président des Ultras, intervenant comme témoin. « C’est sortie de la lampe d’Aladdin ? » s’amuse le président. Avant de délibérer, sourire aux lèvres, il coupera court aux derniers mots de Florent, d’un jovial : « Vous êtes un passionné ».

« Une guerre, des ennemis, des alliés, un traître »

Personne n’a apparemment vu qui a assemblé puis installé le pantin. Tous ont repris le refrain scandé par Florent, qui avoue sans ciller. Oui, il a chanté « Valbuena, faut le tuer ». Non, ce n’est pas la première fois. Non, il ne voit pas le mal. « Aucun joueur n’a jamais été blessé, se justifie le capo et ce n’est pas mon intention ».

Ce ne serait que du « folklore ». Le mot revient plusieurs fois. De la « théâtralisation » dira l’avocat de la défense : « une guerre, des ennemis, des alliés, un traître ». L’infidèle, cette fois, c’était Mathieu Valbuena. L’allié, le 1er novembre, à Nantes, c’était Lorik Cana, acclamé par les supporters marseillais. Ou « Marc Libbra aussi une autre fois», égrène Florent.

« Aulas est grotesque »

Le grand perdant du jour, c’est sans doute l’Olympique Lyonnais. Le club, qui s’est porté partie civile, réclamait 5.000 euros de dommages-intérêts. Débouté pour « absence de préjudice », son président Jean-Michel Aulas et même son joueur, Mathieu Valbuena, n’ont eu de cesse d’être pointés du doigt par les protagonistes. Cité à plusieurs reprises par le prévenu, Aulas est « grotesque » pour le représantant de l’OM. « Même son avocat n’a pas voulu se couvrir de ridicule en faisant le déplacement », dira t-il face à la défense qui opine du chef.

« L’OL veut régler ses comptes avec l’OM », appuiera ce dernier dans sa plaidoirie. Le club rhônalpin repart bredouille.