Violences OM-OL: Du sursis pour trois supporters ayant participé aux échauffourées

FOOTBALL Trois prévenus étaient jugés ce mardi pour outrage et violence avant et pendant le match entre Marseille et Lyon le 20 septembre...

Christine Laemmel

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Les forces de l'ordre interviennent lors du match entre Marseille et Lyon, le 20 septembre 2015 au stade Vélodrome.
Les forces de l'ordre interviennent lors du match entre Marseille et Lyon, le 20 septembre 2015 au stade Vélodrome. — FRANCK PENNANT / AFP

« Il y a deux mois, c’était une autre époque ». Mercredi 23 septembre, les trois jeunes jugés pour des faits de violence aux abords du stade Vélodrome lors du match OM-OL, ont écopé de prison ferme. Quatre à six mois assortis d’une interdiction de stades de 2 ans. Deux mois plus tard, donc, comme le souligne un avocat de la défense, tout est différent. Les attentats de Paris sont passés par là, tuant 130 personnes. Mettant ces délinquants d’un soir, « du même côté que les forces de l’ordre ». Et « l’hystérie collective » est retombée. Ce mardi, au TGI de Marseille, les réquisitions prônent le sursis, sans hésitation aucune. Le délibéré annonce une peine commune : deux mois avec sursis, 300 euros d’amende et un an d’interdiction de stade, avec obligation de pointer avant les matchs.

Les profils, entre 18 et 25 ans, sans histoire, et les faits reprochés, avoir pris part aux échauffourées, sont pourtant les mêmes. Comme la juridiction et comme presque tous les avocats. L’un est frais diplômé d’école de commerce, l’autre vient d’obtenir son Bac Pro, - « félicitations » lui décochera la présidente- et le troisième est en cours de recrutement dans l’Armée de terre. Penauds et se confondant en excuse, ils ont été « mus par la foule » dira l’avocat de la défense, citant Gustave Le Bon.

« Levant les majeurs très poétiquement »

Dimanche 20 septembre, la foule est dense lorsque Thibault sirote son pastis vers 18h avec des amis non loin du Prado. « Les gens du bar ont commencé à lancer des insultes vers les forces de l’ordre », se souvient Thibault. Il a suivi le mouvement, joignant le geste à la parole en « levant les majeurs très poétiquement », ironise la présidente. Quelques minutes plus tard, autre groupe, même ambiance. C’est Damien, qui confesse lui avoir acheté des pétards sur le net, qui « ne résiste pas à l’envie » de les envoyer, « comme les autres ». Pour Handy, c’est pendant le match que tout se joue. « On m’a offert la place en cadeau d’anniversaire », explique le jeune homme d’une voix est à peine audible. Les caméras du stade l’ont filmé en train de ramasser un fumigène tombé à ses pieds, le brandir quelques secondes, puis l’éteindre.

L’atmosphère de « fin du monde » décrite par l’avocat de l’OM, ne trouve guère de résonnance. Il rappelle la potence, les « dizaines de projectiles » jetés pendant les corners mais ne demande qu’un euro de dommages-intérêts. L’enjeu ici, c’est la « déresponsabilisation totale » des jeunes hommes, têtes baissées à l’écoute des réquisitions de la procureure. L’image est « piteuse », les actes sont « débiles », s’emporte la défense de Thibaut, un ami de la famille, qu’il « a vu naître ». Mais les égarements sont lointains. A sept mois de l’Euro, dont six matchs se joueront au Vélodrome, c’est la « protection » et non « la sécurisation » du deuxième plus grand stade de France qui est dans tous les esprits. Et peut-être un peu plus, deux mois après les faits, dans la tête de ces trois étudiants.