Avignon: Prison ferme pour un vol d'explosifs à la SNCF

justice Agé de 20 ans, l'homme a été interpellé mardi avec un matériel explosif dérobé ce week-end. Des documents salafistes ont été retrouvés à son domicile...

20 Minutes avec AFP

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Illustration. — M.LIBERT/20 MINUTES

Un homme, au domicile duquel ont été découverts des documents relatifs au salafisme et un manuel de l'armée, a été condamné mercredi à huit mois de prison par le tribunal correctionnel d'Avignon et incarcéré pour avoir transporté du matériel explosif volé à la SNCF.

Adel Benrabah, âgé de 20 ans, a été interpellé mardi en fin de matinée à Avignon en possession d'un sac contenant des pétards de voie ainsi qu'une torche, «du matériel explosif qui peut faire sauter des voies et tuer des personnes», dérobé au cours du week-end dans un local de la SNCF situé à proximité, a relaté la présidente du tribunal, Michèle Nesme.

Lors de la perquisition du domicile de ses parents, où il habite, ont été découverts un manuel de l'armée, et, dans une caisse métallique fermée par un cadenas, plusieurs documents d'identité au nom de son frère, une somme d'argent, ainsi que des livres et un compact-disc liés à la mouvance salafiste.

«Il est indispensable de faire preuve de fermeté»

Adel Benrabah, qui n'a jamais été condamné, a prétendu avoir trouvé le sac près d'une poubelle dans son quartier et avoir laissé le manuel que l'armée lui avait fourni lors de son engagement dans la cavalerie de novembre 2014 à août 2015 à son frère, propriétaire, selon lui, des documents saisis par la police.

Lors de son contrat militaire, dénoncé avant son terme par l'armée, selon Mme Nesme, M.Benrabah «a appris la manipulation des armes» et souhaite maintenant intégrer le corps des marins-pompiers de Marseille ou des sapeurs-pompiers de Paris, a-t-il expliqué.

«Je suis encore, malgré l'état d'urgence, malgré l'article 16, en Etat de droit. La situation d'exception, ce n'est pas la justice d'exception», a plaidé son avocat, Me Patrick Gontard, qui a dénoncé une «enquête mal faite», l'absence d'auditions et d'investigations.

Le tribunal correctionnel a suivi les réquisitions de la représentante du ministère public, Laure Chabaud, qui a estimé qu'il «(était) indispensable à ce jour de faire preuve de fermeté face à des comportements qui n'ont rien de normaux». «M.Benrabah n'est jugé que pour les infractions visées par les chefs de prévention (recel de vol, transport et détention d'arme, munition ou éléments essentiel de catégorie A, ndlr). Néanmoins, il y a quand même des éléments de contexte dans ce dossier dont on ne peut pas faire abstraction», a-t-elle souligné.