Marseille: La croisière bat de nouveaux records

ECONOMIE Le nombre de croisiéristes à Marseille a encore battu de nouveaux records avec près d'1,5 million de passagers...

Mickael Penverne

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L'Allure of the Seas dans le port de Marseille.
L'Allure of the Seas dans le port de Marseille. — BORIS HORVAT / AFP

Avec plus de 1,480 million de passagers, le grand port maritime de Marseille (GPMM) a atteint un nouveau record « historique » de fréquentation. En accueillant 450 escales et 68 navires de 27 compagnies différentes, il est devenu le premier port de croisière de France et le 5e port Méditerranéen.

Selon les perspectives du Club de la croisière, qui organisait mercredi au Palais du Pharo la 15e édition du salon Top Cruise, plus d’1,7 million de passagers devraient accoster ou embarquer à Marseille l’année prochaine. L’objectif est d’atteindre deux millions de personnes d’ici cinq ans.

Depuis quelques mois, les « villes flottantes » se succèdent sur les quais du GPMM. Après avoir accueilli cette année le plus gros navire de croisière du monde, l’Allure of the seas de la Royal Caribean Cruise Line (5.400 passagers), le port accueillera l’année prochaine l’Harmony of the Seas de la même compagnie (6.300 passagers), puis le Carnival Vista, le nouveau navire de la compagnie Carnival Cruise Line (4.000 passagers), et verra enfin le retour du Norwegian Epic de la Norwegian Cruise (4.200 passagers).

Aucune annulation enregistrée

Les retombées économiques locales de toutes ces escales devraient dépasser 180 millions d’euros cette année : 30 millions d’euros d’impact direct (prestations portuaires, touristiques…), 50 millions d’euros d’impact indirect (hébergement, restauration, shopping…) et 100 millions d’euros d’impact induit (les fournisseurs des prestataires). « C’est un axe de développement important pour l’impact économique mais aussi pour l’image de la ville », a rappelé Maxime Tissot, directeur de l’office de tourisme.

Cette activité florissante peut-elle néanmoins subir le contrecoup des récents attentats à Paris ? Les professionnels du secteur n’y croient pas. « Il n’y a pas eu d’impact pour l’instant. La France est évidemment en état de choc mais nos centres d’appel n’ont pas enregistré d’annulation », assure Georges Azouze, Pdg de Costa Croisières France. Même constat du côté de MSC Croisière France : « Il n' a pas eu de conséquence », confirme de façon laconique Erminio Eschena, directeur général de la compagnie.

Des hommes armés à bord

Certains opérateurs ont dû cependant adapter leur circuit au nouveau contexte géopolitique méditerranéen. Croisières de France a annulé, par exemple, son escale à Istanbul, en Turquie, parce que « nous avons considéré que c’est une zone potentiellement dangereuse », indique son Pdg Antoine Lacarrière. « C’est d’ailleurs la grande force de notre activité : on peut changer d’itinéraire et s’adapter très vite », ajoute-t-il, avant de préciser qu’à Croisières de France, comme dans les autres compagnies, des hommes armés assurent la sécurité à bord.

Les opérateurs déclarent également ne pas être inquiets sur le niveau de sécurité à terre. Dans le cadre de l’état d’urgence décrété par le gouvernement, le Grand port maritime de Marseille (GPMM) a renforcé ses contrôles à chacune de ses entrées mais aussi sur le terminal croisière. La directrice du GPMM Christine Cabau-Woehrel, dit avoir « doublé » les effectifs. « On est passé à un niveau de contrôle de 100 % des passagers et des bagages », précise Jacques Massoni, de Marseille-Provence Cruise Terminal (MPTC).