Marseille: Le projet de privatisation des piscines repoussé après les régionales

SOCIETE La majorité municipale souhaite confier la gestion de deux piscines au secteur privé, mais après les régionales...

Mickael Penverne

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Marseille le 18 avril 2011 - La piscine Vallier dans le 4e arrondissement de Marseille.
Marseille le 18 avril 2011 - La piscine Vallier dans le 4e arrondissement de Marseille. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Ce n’est que partie remise. Les élus de la majorité de Marseille ont inauguré vendredi la piscine Vallier, située dans le 4e arrondissement. Au terme d’un an de travaux, le bassin le plus vieux de la ville a rouvert ses portes en septembre dernier. Les vestiaires, le salon d’honneur, les salles de réunion ont été retapées. Et la piscine a été mise aux normes pour les personnes handicapées.

Les travaux de cette première phase de la rénovation ont coûté 3,7 millions d’euros. La seconde phase du chantier démarrera en juin. Elle comprendra la réfection du grand bassin, la mise aux normes des plots et la réfection des plages. L’opération coûtera 1,1 million d’euros supplémentaires.

Marseille compte 15 piscines dont certaines viennent d’être rénovées ou sont en attente de rénovation comme la piscine Desautel dans le 9e arrondissement (757.000 euros), Saint-Joseph dans le 14e arrondissement (1,42 million d’euros), La Granière dans le 12e (1,3 million d’euros) et La Castellane dans le 16e (500.000 euros).

Doublement des tarifs

En 2013, la municipalité avait été critiquée pour le manque de bassins dans la ville après sa décision de détruire la piscine Nord pour des « raisons de sécurité ». Deux ans plus tard, elle est à nouveau montrée du doigt par l’opposition pour vouloir privatiser une partie de ces équipements.

La ville souhaite confier la gestion des piscines Vallier et La Granière en délégation de service public (DSP). Les socialistes s’y opposent. « On ne le fait pas par dogmatisme, assure Stéphane Mari, président du groupe socialiste. Mais qu’ils nous prouvent d’abord l’intérêt d’une telle mesure ».

Selon l’élu, la piscine René Magnac, déjà passée sous DSP il y a quelques années, a vu ses tarifs quasiment doubler et sa fréquentation, mécaniquement, baisser. « Il manque au moins 10.000 m2 de bassins sur Marseille. Il y a 70 % des gamins qui ne savent pas nager en entrant en sixième. Et la seule réponse qu’ils ont trouvée, c’est de privatiser ? », s’indigne-t-il.

Retour du dossier en mars

« Ce n’est qu’une proposition et rien n’est encore arrêté, proteste l’adjoint aux sports Richard Miron qui s’insurge contre une « opposition qui s’offusque très souvent de tout, surtout pendant les périodes électorales ». Pour l’élu, la solution de la DSP permettrait pourtant de faire de sérieuses économies. En gestion municipale directe, une piscine coûte un million d’euros. En DSP, ce serait moitié moins : 500.000 euros, affirme-t-il.

Autre avantage, celui de pouvoir étendre les horaires d’ouverture, le soir et le week-end : « Ce sera inscrit dans le cahier des charges ». Et pourquoi ne pas le faire maintenant ? « Aujourd’hui, c’est compliqué », souffle-t-il, sans se montrer plus précis. Quant à l’augmentation - éventuelle - des tarifs d’entrée ou d’abonnement, Richard Miron botte en touche : « Le problème des gens est d’avoir un bon service. Et pour avoir un bon service, ils sont prêts à payer plus ».

Pourtant, face à la polémique grandissante et à quelques semaines des élections régionales, la mairie a préféré reculer. Mais sans vraiment céder. Le dossier qui devait être présenté au comité technique de la ville le 3 décembre a été retiré. Mais il n’a pas été abandonné puisque Richard Miron affirme qu’il sera présenté en mars, trois mois après les élections régionales. La gestion en DSP des deux bassins pourrait ainsi intervenir après la fin des travaux de la piscine Vallier, en octobre.