Aix-en-Provence: Ouverture du procès en appel de l'affaire PIP

JUSTICE Le fondateur de l'entreprise PIP, Jean-Claude Mas, comparaît devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence...

M.P. avec AFP

— 

Le fondateur de la société varoise PIP, Jean-Claude Mas, a été condamné en première instance à quatre ans de prison.
Le fondateur de la société varoise PIP, Jean-Claude Mas, a été condamné en première instance à quatre ans de prison. — Bertrand Langlois AFP

Le procès en appel de cinq anciens dirigeants de la société PIP s’est ouvert ce lundi à Aix-en-Provence en présence de plusieurs dizaines de victimes.

En première instance, le président fondateur de Poly Implant Prothèse, Jean-Claude Mas, avait été condamné à quatre ans de prison, 75.000 euros d’amende et une interdiction définitive d’exercer une activité dans le domaine de la santé et de gérer une société.

Âgé de 76 ans, Jean-Claude Mas est poursuivi pour tromperie aggravée et escroquerie à l’encontre du certificateur allemand TÜV, qui n’avait jamais décelé la supercherie. Ses co-prévenus comparaissent pour les mêmes chefs ou pour complicité.

Un apprenti sorcier

En chemise bleue et gilet noir, le septuagénaire au ventre rebondi, a brièvement répondu lundi matin à quelques questions du président Eric Cibiel portant sur son identité, précisant notamment n’avoir que sa retraite de « 1 850 euros par mois » comme source de revenus.

Le scandale des prothèses PIP avait éclaté en 2010, avec la découverte de la fraude par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé. Environ 30.000 femmes sont concernées en France et plusieurs dizaines de milliers d’autres à l’étranger, où PIP exportait 80 % de sa production.

Personnage central du dossier, qualifié en première instance d'« apprenti sorcier des prothèses » par le procureur, Jean-Claude Mas a toujours reconnu la fraude mais assure que le gel employé par sa société n’était pas nocif.$

Les victimes n’ont pas lâché le combat

« C’est insupportable pour les victimes d’entendre que le produit n’était pas dangereux, beaucoup ont des problèmes de santé, des boules de silicone dans les seins », ont commenté avant l’ouverture de l’audience Me Laurent Gaudon, soulignant que les 2.600 victimes qu’il représentait en première instance - quasiment toutes étrangères - « n’ont pas lâché le combat » et sont à nouveau parties civiles en appel.

Au total, 7.000 victimes se sont portées parties civiles dans l’espoir d’obtenir un dédommagement pour ce procès en appel.