De Gaulle, Coluche, cèpes et Corée du Nord… Top 6 des déclas de Bernard Laporte en tournée dans le Var

RUGBY Le manager du RC Toulon n'a ménagé personne...

Christine Laemmel
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Bernard Laporte avec Henry Mondino et des fans au Cannet-des-Maures le 10 novembre
Bernard Laporte avec Henry Mondino et des fans au Cannet-des-Maures le 10 novembre — C.LAEMMEL

Depuis le 1er septembre, Bernard Laporte sillonne les routes de France. Le candidat à la Fédération Française de Rugby, le répète : il veut rencontrer les 1885 clubs qui composent le monde de l’Ovalie.

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Après Gaillac, la Corse ou Lille, le manager du RC Toulou était mardi soir au Cannet-des-Maures dans le Var, face aux clubs de la Côte d’Azur. En terrain conquis, Laporte a tiré sans retenue sur les dirigeants actuels de la FFR, alternant phrases chocs et formules politiciennes. Morceaux choisis.

« Leur seule décision après le mondial, ça a été la mise en place d’une commission Théodule, comme disait le Général de Gaulle. »
Citer De Gaulle, dans un département avec un penchant politique droitier, ça ne pouvait que marcher. « Serge Blanco, où est-il ? Que fait-il ? Que dit-il ? Personne ne sait », harangue Laporte. Avant de qualifier la « cellule technique » post échec de Coupe du Monde, crée par la Fédération Française de Rugby de « commission Théodule », c’est-à-dire inutile.

« Je ne veux pas que la FFR soit la Corée du Nord du rugby français »
L’angle d’attaque principal de Bernard Laporte, c’est la démocratisation du rugby français. Quoi de mieux pour faire passer le message que de comparer la Fédé actuelle, « système où l’on fait taire par la peur » à la dictature de Kim Jong-Un ? Un peu exagéré ? Non, « essayons de faire comme la Birmanie » appuiera plus tard le vice-président du comité Côte d’Azur, « pays qui a eu pour la première fois un vote démocratique ».

« Je ne vous promets pas le grand soir »
Vous l’avez ? « Aujourd’hui, on n’a plus le droit, ni d’avoir faim ni d’avoir froid… » Oui, Coluche, Goldman, les Restos du cœur, voilà. Déroulant les attaques envers ces concurrents, Laporte avance modestement : « Mon programme sera livré à la fin du tour de France des clubs ». Il est fort ce Bernard.

« Un choc de simplification »
Ah. Entre le Coluche social et le De Gaulle tradi, Laporte choisit une formule de François Hollande. « Il y a des licences jaunes, vertes, rouges, je sais plus de quelle couleur elles sont », s’agace un Laporte qui déclenche les rires entendus des spectateurs. « Ça fait cinq ans que j’attends une réponse de la FFR » invectivera le président du RC Menton dans la séance de questions-réponses qui suivra. « Mais tu l’auras jamais ! » jubile son interlocuteur agité depuis la tribune.

« Je préfère perdre mais avec des Français sur le terrain »
Sur la liste des appelés pour le Mondial, le prétendant à la direction de la Fédé a compté 12 étrangers. Et ça l’agace sérieusement. S’il a fait pareil quand il était manager des Bleus ? Oui, mais ça restait une exception. « Là, ça devient une politique ». Au dirigeant d’un club local qui se définit comme « le seul club SDF de France », Laporte promet de débloquer du budget. Mais prévient : « C’est pas pour aller acheter deux Géorgiens, trois Roumains et un Néo-Zélandais qui boite ».

« Il y a des cèpes à Marcoussis, de temps en temps, faut bien les ramasser »
La plus belle sortie de la soirée peut-être. Parce qu’elle est venue toute seule, dans un échange tout en vacheries contre la FFR avec un spectateur complice. On le savait depuis la présentation introductive de la « gabegie » par Christian Dullin, soutien de Bernard Laporte. La FFR compte 165 employés. « Dont, tenez-vous bien, 17 rien qu’au service juridique », démontrait le président du comité des Alpes. Ça fait beaucoup, surtout quand on s’échine à démontrer l’inefficacité de la bête. « Y’a des cèpes à Marcoussis, non ? Y’a des cèpes ? » L’orateur attend bouche ouverte et sourcils relevés, une confirmation du public qui ne vient pas. Puis enchaîne. « De temps en temps, faut bien les ramasser. »