Marseille: Le crowdfunding se régionalise

ECONOMIE Quatre plateformes de financement participatif sont installées en PACA...

Mickael Penverne

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Le site Provence Booster.
Le site Provence Booster. — MickaÎl Penverne / 20 Minutes

Les deuxièmes rencontres euroméditerranéennes du crowdfunding se déroulent ce jeudi à la Villa Méditerranée, à Marseille, avec en invités « vedettes » notamment Adrien Aumont, cofondateur du site KissKissBankBank, Samuel Raymond de la Banque mondiale ou encore Jérôme Kerviel, l’ancien trader de la Société générale. Pendant toute la journée, des économistes et des chefs d’entreprise vont débattre de ce nouveau mode de financement qui gagne du terrain.

Selon les derniers chiffres du baromètre édité par Finance Participatif France, plus de 1,7 million de personnes ont participé à une campagne de crowdfunding. Les fonds collectés au premier semestre 2015 ont doublé par rapport à l’année dernière et atteint un peu plus de 133 millions d’euros. En France, le phénomène était encore localisé il y a peu, principalement en région parisienne. Mais depuis quelques mois, il se développe dans les régions, notamment en PACA où quatre plateformes viennent de voir le jour depuis le début de l’année.

Un tableau ou un set de jeu

Parmi celles-ci, Provence Booster, un site mis en ligne en septembre. Après avoir travaillé pendant plus de 20 ans dans les banques, Muriel Villain a créé cette plateforme de financement participatif qui s’adresse uniquement aux « porteurs de projet » de la région. « Je veux pouvoir les rencontrer, avoir un échange avec eux pour étudier leur projet », explique-t-elle. Elle ne sélectionne que des idées qui « ont du sens ». Les projets doivent être « fédérateurs, participatifs et novateurs ». Ils doivent aussi « participer au développement de la région ».

Depuis sa création, Provence Booster a mis en ligne sept projets qui vont du nouveau sport, à la mode « marseillais et éco-responsable » en passant par la future maison d’édition et imprimerie. Cinq cents donateurs ont participé à des levées de fond en versant un don moyen de 50 euros. Comme sur les plateformes « nationales », ils ont reçu en échange une contrepartie « en nature » de leur don : une invitation à un défilé, l’œuvre d’un artiste ou encore un set de jeu. De son côté, l’entreprise Provence Booster se rémunère en prenant 7,5 % de la levée de fonds effectuée.

Logique d’usage

Selon Muriel Villain, le financement participatif n’est pas un phénomène de mode « puisqu’il concerne déjà un Français sur deux ». « Parmi les raisons de ce succès, on trouve évidemment la baisse du pouvoir d’achat mais il y a aussi un changement de mentalité. On est en train de passer d’une logique de propriétaire à une logique d’usage », explique-t-elle. « Ce n’est pas simplement de la souscription, ajoute Patrick Le Camus, organisateur des rencontres euroméditerranéennes. En donnant, on se situe dans une dynamique différente, avec la volonté d’aider les autres à concrétiser leurs projets ».

De plus en plus populaire, le crowdfunding est encore très localisé en Ile-de-France. Quelques régions, comme la Bretagne, commencent à émerger et cherchent à se faire une place sur ce marché. Ici, les initiatives se mettent en place un peu trpo lentement, aux yeux de Muriel Villain : « En PACA, on représente grosso modo 7,4 % de la population nationale. Pour le financement participatif, on est sur la même proportion mais on devrait être beaucoup plus haut, surtout avec un taux de création d’entreprise situé à 10 % et dans une région aussi dynamique ».