Marseille: L'ombre de la SNCM plane sur les assises de la mer

ECONOMIE Le tribunal de commerce doit examiner ce mercredi les quatre offres de reprise...

M.P.

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Les ferries de la SNCM à Marseille
Les ferries de la SNCM à Marseille — Franck Pennant AFP

Les Assises de la mer se sont ouvertes mardi au parc Chanot avec des centaines d’acteurs du secteur, venus de tout le pays pour aborder de multiples thèmes comme les transports, la desserte des ports, le développement des énergies renouvelables, la pêche ou encore la construction navale. Mais un dossier en particulier a plané sur cette première journée : celui de la SNCM.

La compagnie retrouve le tribunal de commerce de Marseille ce mercredi avec l’examen des quatre offres de reprise : celle de la compagnie Baja Ferries, du transporteur corse Patrick Rocca, du consortium Corsica Maritima et celle de l’ancien directeur du port Christian Garin. Cette audience a déjà été repoussée trois fois. La SNCM est en redressement judiciaire depuis un an, et la patate chaude commence à devenir brûlante.

La semaine dernière, le président socialiste de la région PACA, Michel Vauzelle, avait indiqué au tribunal de commerce qu’il était prêt à s’engager financièrement auprès d’un repreneur de la compagnie. A la mairie de Marseille comme au Département, l’initiative a été fraîchement accueillie. « Je ne crois pas que ce soit le rôle d’une collectivité d’intégrer le capital d’une société comme la SNCM, a répliqué mardi Didier Réault, adjoint au maire (LR) chargé de la mer. L’Etat est déjà actionnaire de la compagnie, et il ne doit pas se défausser de ses responsabilités ».

« Un plan social exemplaire »

« La procédure appartient au tribunal et l’Etat n’a pas de commentaire à faire, lui a répondu quelques minutes plus tard le secrétaire d’Etat chargé de la mer, Alain Vidalies. Dans ce dossier, l’Etat s’était fixé deux objectifs. D’abord, que le futur repreneur n’ait pas à payer les 400 millions d’euros d’aides publiques réclamés par l’Europe. Après une dizaine de voyages à Bruxelles, nous avons obtenu une lettre de confort de la Commission allant dans ce sens. Le deuxième objectif est de sauver un maximum d’emplois. Nous souhaitons un plan social exemplaire, dans le montant et les modalités, et nous serons très vigilants à ce sujet ».

Présent lui aussi aux Assises de la mer, Paul Giacobbi, président de la collectivité territoriale de Corse (CTC), presse de son côté le tribunal de commerce de trancher au plus vite : « La Corse n’a rien à souhaiter pour cette compagnie sinon qu’elle puisse survivre dans de bonnes conditions. Aujourd’hui, la SNCM enregistre une perte d’exploitation de 50 millions d’euros par an, contrairement à toutes les sottises que l’on a dit sur les comptes de l’été. On ne peut pas continuer comme cela (…). On ne peut plus attendre ».