Marseille: Un conseil pour ramener les jeunes dans la bonne voie

SOCIETE Ils sont convoqués avec leurs parents pour des faits d’absentéisme ou de troubles à l’ordre public…

A.R.

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marseille le 30 OCTOBRE 2015 Installation de la scéance de cellule de citoyenneté et d etranquilité publique pour des jeunes en défaut de civilité.
marseille le 30 OCTOBRE 2015 Installation de la scéance de cellule de citoyenneté et d etranquilité publique pour des jeunes en défaut de civilité. — Amandine Rancoule / 20 Minutes

Tee-shirt blanc, jeans et baskets. Le père et le fils sont habillés de la même façon. Vendredi, ils se sont présentés ensemble à la cellule de citoyenneté et de tranquillité publique de la ville, une séance solennelle ayant valeur de rappel à l’ordre. Ils sont assis côte à côte. En face d’eux, se dresse une estrade sur laquelle siègent des représentants des forces de l’ordre, de la ville, de l’Education national et du parquet.


« Plus de la connerie que de la délinquance »

Dans le quartier du jeune de 18 ans, des adolescents s’amusent à jeter des pierres dans les propriétés. Certains voisins ont été blessés. Excédés, quelques-uns ont porté plainte. « Vous faites l’objet d’un rappel à l’ordre qui mériterait une réponse pénale, lui signifie le représentant du parquet. Vous êtes jeune, c’est terminé : faut plus lever le petit doigt. Après la prévention, c’est la répression ».

« Je vois plus de la connerie que de la délinquance, estime le représentant de la police nationale. A votre âge, devoir payer une pension à quelqu’un qui a perdu un œil… J’en appelle à votre intelligence ». A la sortie, le jeune de 18 ans ne dit rien. Le père insiste : « ce jour-là, il était à la pêche avec moi, mais je comprends que ce genre de séance puisse servir à d’autres familles ».

Romain est convoqué, avec sa mère, pour les mêmes faits. Lui, à 14 ans. Il veut être mécanicien. « Il faut travailler à l’école, rien n’arrive facilement Romain, lui indique Caroline Pozmentier (LR), l’élue à la sécurité. Une chose est sûre : c’est ta dernière chance ». Romain acquiesce. Sa mère est au bord des larmes.

Ce jour-là, cinq autres familles sont passées devant le conseil ; 100 dossiers sont ainsi traités depuis un an et demi. Beaucoup pour absentéisme répété à l’école. Et dans 75 % des cas, les gamins reviennent en cours, souligne la Ville.

Dossiers

Chaque cas, signalé par les proviseurs ou les procès vervaux de la police, est étudié par une commission. Elle décide si les faits reprochés méritent un traitement pénal ou un rappel à l’ordre.