Fusillade de Marseille: Les socialistes demandent l'ouverture d'un débat sur la légalisation du cannabis

SOCIETE Les réactions font suite au triple homicide de dimanche à la cité des Lauriers...

Amandine Rancoule

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Illustration de plant de cannabis.
Illustration de plant de cannabis. — Sojka Libor/AP/SIPA

Ils demandent l’ouverture d’un débat sur la légalisation du cannabis. Plusieurs socialistes marseillais se sont prononcés pour l’ouverture d’un débat sur la légalisation du cannabis, après le triple homicide de dimanche à la cité des Lauriers (13e).

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« Il serait mieux d’avoir du cannabis dans les tabacs »

Le député Patrick Mennucci (PS), s’est prononcé lundi soir sur Canal +, «pour » l’ouverture d’un débat en ce sens. « J’ai été opposé pendant longtemps, (…) nous devrions essayer d’avoir un débat apaisé » sur la légalisation du cannabis, estime-t-il. Au point où on en est, il serait mieux d’avoir du cannabis dans les tabacs plutôt que dans ce genre de spot. Si on n’empêche pas les consommateurs de venir, il faut passer à la légalisation. Les gens qui viennent au spot des Lauriers, ce sont des gens que l’on connaît (…) des gens du centre-ville ou des quartiers sud, qui viennent en mini Cooper et qui ensuite font des commentaires », estime le Marseillais.

« Le vrai courage, c’est justement d’ouvrir ce débat ».

Dans un communiqué, la socialiste Marie-Arlette Carlotti a également réclamé « l’ouverture d’un débat sur la légalisation du cannabis ».

« Il est temps de regarder la réalité en face. Notre système ne marche pas, les trafics prospèrent, la violence et le crime organisés gagnent du terrain et cette politique répressive coûte des centaines de millions sans répondre aux problèmes de fond qui sont générés par l’usage et la consommation de drogue, pense la députée. Alors, parce qu’il y a encore eu trois morts de trop ce week-end à Marseille, le moment est venu d’en parler, démocratiquement, sans hypocrisie et sans risquer de se faire taxer de laxisme, car le vrai courage, c’est justement d’ouvrir ce débat ».

« Rien n’indique que les victimes prenaient part au trafic »

Dès dimanche, Stéphane Mari, le président du groupe socialiste de la ville de Marseille, avait demandé « au Parlement d’ouvrir le débat sur la pénalisation des clients des trafics de cannabis ». « Force est de constater que les trafics reprennent place quasiment instantanément après leur démantèlement », souligne le socialiste, estimant que « seules des peines exemplaires contre les clients des dealers permettraient de porter atteinte aux réseaux des trafiquants ».

Interrogée sur le sujet, Caroline Pozmentier, l’adjointe au maire (LR) chargée de la sécurité, indique « n’avoir jamais été convaincue par la légalisation » du cannabis. Si l’élue reconnaît qu’il s’agit « d’un vrai problème sanitaire », il faut, ajoute-t-elle, « continuer de soutenir la politique de répression » et « adapter la politique pénale » face à des trafics qui « engendre une violence de plus en plus courante et qui implique de plus en plus de jeunes ».

Selon le procureur de la République de Marseille, Brice Robin, le tribunal correctionnel de Marseille a prononcé « dans les cinq plus grosses affaires de ce type en 2015, un total de 317 années d’emprisonnement à l’encontre de 70 à 80 personnes. » Il a par ailleurs indiqué lundi soir qu’à ce stade de l’enquête sur la fusillade, « rien n’indique que les victimes prenaient part au trafic » de stupéfiants.