Procès Salameh: Perpétuité requise à l'encontre du tueur en série

JUSTICE Une période de sûreté de 22 ans a également été requise…  

A.R. avec AFP

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Illustration de la justice.
Illustration de la justice. — Josef Horazny/

L'avocate générale a requis mercredi la réclusion criminelle à perpétuité assortie de la période de sûreté maximale de vingt-deux ans contre Patrick Salameh, 58 ans, qualifié de «nuisible pour la société», pour l'enlèvement suivi de la mort de Fatima Saiah, une lycéenne marseillaise. «Ce dossier est atypique par la disparition d'une petite jeune fille de 20 ans qui s'est volatilisée» le 7 mai 2008 à Marseille, a souligné la magistrate, Martine Assonion.

«Il y a une montée en puissance du prédateur qui, à un moment donné, est en chasse»

Détaillant l'ensemble des éléments d'enquête, elle a conclu que «la seule personne qui, potentiellement, a enlevé, séquestré Fatima Saiah avec une quasi-certitude de la mort de cette jeune femme, c'est cet individu».

S'adressant aux parents de la jeune fille, Martine Assonion s'est dite «meurtrie» : «Cette famille est arrivée à l'audience avec l'espérance que leur fille était cloîtrée comme on l'a vu en Autriche, aux Etats-Unis. Malheureusement, à l'aune des investigations, de l'implication formelle de Patrick Salameh, je pense que Fatima a connu un sort qu'on imagine sans difficulté».

L'avocate générale a décrit les diverses tentatives d'enlèvement ayant précédé celui de la victime : une jeune femme elle aussi recrutée pour du baby-sitting qui s'était désistée, puis une auto-stoppeuse, Laurie. «Il y a une montée en puissance du prédateur qui, à un moment donné, est en chasse», a expliqué Martine Assonion.

L'accusation repose sur «les témoignages cruciaux» d'une mendiante recrutée cinq euros pour trouver des candidates au baby-sitting, et de Laurie, l'auto-stoppeuse qui avait décliné trois rendez-vous en vue d'un job d'été. Les deux femmes ont formellement désigné Patrick Salameh.

«Trop d'incertitudes, trop de choses différentes, trop de doutes»

Les défenseurs de l'accusé ont réclamé son acquittement, plaidant qu'il y avait «trop d'incertitudes, trop de choses différentes, trop de doutes» dans ce dossier et qu'au fond «personne ne sait rien de ce qui s'est passé».

Patrick Salameh est un homme particulièrement «difficile à défendre», «un homme désigné comme l'incarnation du mal et de la mort, et (...) avant même que ne s'ouvre son procès, comme un tueur en série, comme un monstre, alors que vous seuls disposez du droit de dire ce qu'il en est», a lancé à la Cour Me Emmanuel Molina.

Patrick Salameh été condamné le 3 avril 2014 à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de vingt-deux ans et d'une mesure de rétention de sûreté pour l'enlèvement suivi de la mort de trois prostituées. Il sera rejugé du 18 avril au 20 mai 2016 par la cour d'assises du Var.