Méditerranée: Un constat désastreux entre sécheresse, pluies intenses, augmentation des températures...

CLIMAT Les scientifiques ont rendu leurs premières observations sur les changements en Méditerranée...

A.R.

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Des habitants nettoient les boutiques et trottoirs à Cannes après les inondations, le 4 octobre 20105 dans le sud-est de la France
Des habitants nettoient les boutiques et trottoirs à Cannes après les inondations, le 4 octobre 20105 dans le sud-est de la France — PatricK CLEMENTE AFP

Un bien sombre portrait. Après cinq ans d’observations et de mesures en mer, sur terre et dans l’air, les scientifiques du programme interdisciplinaire « Mistrals » dont l’ambition est de fournir une analyse détaillée du bassin méditerranéen, ont dressé ce mardi un constat malheureux pour l’avenir de la région méditerranéenne. Le programme devrait se terminer en 2020.

« Pour ne pas aller dans le mur »

Sécheresse, augmentation du niveau de l’eau, multiplication des espèces invasives, pluies intenses : la zone, étendue sur 2,1 millions de kilomètres carrés, est une des régions les plus affectées par le réchauffement climatique. Les scientifiques la scrutent pour étudier les conséquences du changement global. La Méditerranée accueille par ailleurs 10 % de la richesse de la biodiversité mondiale pour 1,6 % de surface terrestre.

Grâce aux informations recueillies, les chercheurs espèrent faire prendre des décisions « pour ne pas aller dans le mur, pour ne pas stériliser la Méditerranée avant l’heure et pour éviter que la température ne monte trop », précise Etienne Ruellan, le directeur scientifique de Mistrals, faisant notamment allusion à la conférence des Nations unies sur le climat (COP21) prévue en décembre à Paris. « Nous recueillons toutes ces données pour permettre aux décideurs de s’appuyer sur des informations concrètes », ajoute-t-il.

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L’intensité des événements climatiques extrêmes pourrait augmenter

Ces recherches permettent de développer et de nourrir avec de nouvelles données des systèmes d’observation et d’information concernant, par exemple, les événements climatiques extrêmes.

« Le nombre d’événements climatiques extrêmes ne va pas forcément augmenter dans les prochaines années mais l’intensité pourrait, elle, augmenter, en moyenne de 5 % par degré en plus de température », souligne Véronique Ducrocq, chercheuse à Météo France.

Elle est à l’initiative du programme HyMeX, un des axes de recherche de Mistrals, cherchant à mieux comprendre et à prévoir le cycle de l’eau en Méditerranée.

Autre caractéristique méditerranéenne venant compliquer la tâche : la géographie composée de bassins-versants de petites tailles. « Il y a donc très peu de temps entre l’averse et la crue », détaille la chercheuse.

Les scientifiques ignorent encore pourquoi les épisodes climatiques violents s’abattent « à tel ou tel endroit avec autant d’intensité », indique Véronique Ducrocq, même « ils arrivent à prévoir les situations propices à ce phénomène », en nourrissant des modèles climatiques régionaux. Ils permettent d’affiner les prévisions sur 10 à 50 kilomètres, contrairement aux modèles nationaux, de l’ordre de 150 kilomètres.