Marseille: Avec l'application Qwidam, vous n'êtes jamais seul en cas de coup dur

ECONOMIE Une start-up marseillaise a lancé ce dispositif qui se présente comme un « réseau social solidaire »…

Mickael Penverne

— 

Marseille, le 15 octobre 2015, Johnathan Konckier presente son application Qwidam.
Marseille, le 15 octobre 2015, Johnathan Konckier presente son application Qwidam. — Mickaël Penverne / 20 Minutes

L’idée leur est venue après un incident survenu au parc Chanot en décembre dernier. « J’étais avec mon associé, Henri Lefebvre, dans le parc - il était avec ses deux enfants et moi, mes trois filles – quand un père s’est mis à crier qu’il avait égaré son enfant, raconte Jonathan Konckier. Il était complètement paniqué et n’arrêtait pas de crier son nom. Nous, sur le coup, on ne savait pas quoi faire. On voulait l’aider mais comment faire ? C’est à partir de là que l’on a commencé à réfléchir à un dispositif ».

Quelques semaines plus tard, les deux Marseillais mettent au point une application inédite : Qwidam. Son principe est simple : signaler un événement, grave ou anodin, aux autres utilisateurs pour qu’ils aident ou vous rassurent. Une agression, un accident de randonnée, un malaise ou même un embouteillage imprévu dans une rue…. Il suffit de quelques clics pour le déclarer à toute la communauté qui apparaît sur une carte sous la forme de petits points bleus ou verts.

L’application Qwidam - Qwidam

L’anonymat est garanti, assure Jonathan Konckier. « Je sais que j’ai des "amis" dans les environs mais je ne sais pas qui c’est, affirme le jeune chef d’entreprise (35 ans) dont le discours se veut rassurant. Ainsi, j’appréhende mieux mon environnement et je reste serein ». Gratuite, Qwidam est disponible sur Androïd et AppStore. Pour l’instant, elle n’a été téléchargée que 1.500 fois, surtout dans les grandes villes comme Paris, Lyon, Nice et Marseille. Ses concepteurs espèrent atteindre 50.000 utilisateurs dans les quatre prochains mois.

Mais Jonathan Konckier et Henri Lefebvre ne comptent pas s’arrêter là et travaillent sur deux autres versions – payantes cette fois- de l’application. La première s’adressera aux collectivités locales ou aux entreprises gérant ou travaillant dans l’espace publique. « Une société chargée de la sécurité au stade Vélodrome, par exemple, pourra envoyer un message de façon massive à tous les utilisateurs pour leur conseiller d’emprunter la sortie B et éviter un engorgement », explique Jonathan Konckier.

Un groupe du CAC40

La troisième version de Qwidam intéressera les sociétés qui emploient des expatriés. Avec le même principe : envoyer un message à tous les employés en même temps. « Cela peut être un message de prévention, de vigilence, d’alerte ou de gestion de l’urgence », détaille Jonathan Konckier. Pour développer cette version, la start-up marseillaise s’est associée à un grand groupe du CAC40 que le chef d’entreprise ne souhaite pas citer. Areva dont plusieurs salariés ont été enlevés au Niger en 2010 ? « Non mais c’est du même calibre. Je peux juste vous dire que ce groupe emploie 120.000 personnes dans le monde », répond-il.

Les deux versions payantes seront lancées en janvier, en même temps qu’une nouvelle version de l’application gratuite. Après avoir démarré grâce à une campagne de financement participatif qui leur a rapporté un peu plus de 7 000 euros, la start-up marseillaise vient d’accueillir un nouvel investisseur dans son capital. Mais lui aussi est conservé au secret. « Il existe d’autres applications qui ressemblent à la nôtre mais elles sont tous segmentantes. Nous sommes les seuls à proposer un dispositif global pour toutes les interventions. Le potentiel est donc énorme », sourit Jonathan Konckier.