Marseille: La Plate Forme Asile (PFA) demande davantage de moyens

SOLIDARITÉ Une réunion avec la préfecture est prévue mardi...

A.R.

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Illustration de demandeurs d'asile.
Illustration de demandeurs d'asile. — G. VARELA / 20 MINUTES

C’est une première en dix ans. Face à l’afflux de migrants ne permettant plus d’assurer un « accueil digne », la plate-forme asile (PFA) de Marseille a fermé ses portes une semaine, du 30 septembre au 5 octobre. L’association Hospitalité Pour les Femmes (HPF), gérante de la plate-forme, demande des moyens supplémentaires à l’Etat au risque de devoir à nouveau fermer à partir du 2 novembre. Une réunion avec la préfecture est prévue mardi.

« On doit les accueillir dignement et on ne peut plus »

« L’Etat doit nous aider, pense Margot Bonis, la responsable de la PFA. Nous faisons des journées continues, on ne mange pas à midi. Les gens qui viennent à la plate-forme sont dans une grande précarité, on doit les accueillir dignement et on ne peut plus : à 9 heures du matin, il y a déjà 200 personnes devant la porte », souligne-t-elle.

Les demandeurs d’asile primo-arrivant dans les Bouches du Rhône, le Vaucluse, les Alpes de Hautes Provence les Hautes-Alpes doivent accomplir les démarches pour le dépôt de la demande de protection internationale à la PFA de Marseille. La plate-forme accompagne les demandeurs d’asile dans leurs démarches, pour le compte des pouvoirs publics.

« Crise humanitaire sans précédent »

L’association HPF affirme avoir 50 % d’augmentation des demandes depuis le début de l’année. « Nous vivions une crise humanitaire sans précédent : le chaos du monde se répercute dans notre salle d’attente », estime Margot Bonis.

« Il y a une augmentation de l’activité réelle mais elle reste modérée », affirme Yves Rousset, le préfet délégué à l’égalité des chances. Selon lui, les demandes d’asile ont augmenté de 23 %, entre 2013 et 2015 le budget est passé de 260 000 euros à 280.000 euros. « Je ne marche pas à l’ultimatum, souligne par ailleurs Yves Rousset. Il faut aussi que l’association s’interroge sur ses pratiques et leur manière de fonctionner avant de demander des moyens supplémentaires ».

En juillet, la préfecture explique avoir déjà alloué 1,5 équivalent temps plein et une rallonge de plusieurs dizaines de milliers d’euros en octobre.