Son «bedcar» a reçu une médaille d'or au Concours Lépine

INITIATIVE Rencontre avec le jeune Provençal Valérian Lasseyte, qui souhaite créer une entreprise pour commercialiser son invention...

Caroline Delabroy

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Valérian Lasseyte, médaille d'or au concours Lépine avec sa BedCar
Valérian Lasseyte, médaille d'or au concours Lépine avec sa BedCar — C.Delabroy

Enfant, il adorait les « trucs volants », il s’était même essayé à mettre des ailes à un vélo. A 25 ans, c’est au volant d’une voiture équipée de sa toute récente invention que Valérian Lasseyte a rejoint Strasbourg, en septembre, pour revenir avec une médaille d’or au concours Lépine européen. Sa trouvaille ? Un lit rétractable baptisé « Bedcar », qui s’adapte à la forme intérieure de tous les types de voiture et se range dans le coffre. Ce natif de Cuges-les-Pins (Bouches-du-Rhône), qui confie n’avoir jamais trop aimé l’école, pour ne pas dire qu’il l’a détestée, savoure aujourd’hui cette « récompense merveilleuse ». Il s’est rapproché de la Chambre de commerce et d’industrie de Marseille, avec l’objectif d’intégrer un incubateur et de créer son entreprise pour commercialiser son invention.

« Je recherche un fabricant qui travaille l’aluminium ou le plastique, et j’ai aussi dans l’idée de faire du crowdfunding pour financer la production », indique-t-il. Déjà, il est revenu de Strasbourg avec une liste de 107 précommandes. Des personnes passées par son stand, convaincues de l’usage de ce « Bedcar » et prêtes à débourser jusqu’à 500 euros, le prix que lui a coûté la construction du prototype. « Pas mal de pêcheurs m’ont dit qu’ils étaient intéressés », ajoute-t-il, en imaginant également un usage à destination des « fêtards qui ne veulent pas reprendre la route », sans oublier les amateurs d’échappées belles à bas prix.

 

A regarder le film de démonstration, tourné par Valérian Lasseyte, également vidéaste à ses heures, le déploiement du lit paraît simple. « Pas plus de 5 minutes », affirme son concepteur. Le temps d’abaisser les sièges, de déployer les barres d’aluminium télescopiques puis le sommier à lattes extensibles et de gonfler le matelas branché sur l’allume-cigare. Le tout, une fois replié, laissant la place aux bagages : l’épaisseur est alors d’une quinzaine de centimètres à peine.

Comme souvent les inventions, l’idée paraît simplissime. Elle lui est venue alors qu’il faisait du camping sauvage en douce compagnie, laquelle était plus rassurée par l’habitacle d’une voiture qu’une tente en rase campagne. « Pas bricoleur du tout », il a dû emprunter outils et perceuse aux voisins. Il a mis cinq mois à mettre au point son lit nomade, inauguré début juillet. Sa passion du dessin l’a aidé à faire des plans, nécessaires au dossier de brevet. Elle le taraude encore, lui qui voudrait « devenir scénariste de BD ». Quand on lui demande sa série préférée, il confie - la réponse est presque trop belle - la Jeunesse de Picsou : « Ce héros est génial, il est né pauvre en Ecosse, il a tout un tas de galères, et il s’en sort mieux que tout le monde parce qu’il a une vision ».