Marseille-Cassis: Patrick, meneur d'allure, «materne» les coureurs depuis 13 ans

COURSE A quoi servent ces drapeaux ambulants qui courent Marseille-Cassis?...

Propos recueillis par Christine Laemmel

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Patrick Gemot, le seul qui a le sourire dans le col de la Gineste. Marseille-Cassis 2014.
Patrick Gemot, le seul qui a le sourire dans le col de la Gineste. Marseille-Cassis 2014. — Caroline PONS

Avec les années, Patrick a changé d'oriflamme. «Au début, j'avais celui en 1h45, maintenant, je prends le 2h15.». A 65 ans, Patrick Gemot, du SCO Sainte-Marguerite, est le responsable des meneurs d'allures de Marseille-Cassis. Il gère depuis 13 ans, les huits coureurs qui serviront de guide aux 15.000 amateurs qui tenteront de passer le col de la Gineste le 25 octobre. A 10 jours de la course, l'habitué a répondu aux questions de 20 Minutes

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Est-ce qu’il faut forcément être un excellent coureur pour être meneur d’allure ?
Il faut être facile sur la distance. Il faut avoir 10 bonnes minutes de battement. Si on porte l’oriflamme 1h30, il faut être capable de boucler la course en 1h20.

Vous êtes seul à chaque temps ?
Sur Marseille-Cassis, on est deux, répartis sur quatre durées: 1h30, 1h45, 2h et 2h15. Le premier surveille le chronomètre. C’est pas facile parce qu’on a toujours tendance à accélerer, on doit se freiner. Je distribue un petit carton à chaque meneur d’allure avec les temps de passage qu’il doit respecter. Le second parle avec les coureurs.

Et il leur dit quoi ?
On essaie surtout de les encourager. On leur dit qu’on est dans le bon timing, on essaie d’être positif. Dans la montée de la Gineste, on leur conseille par exemple de raccourcir leur foulée, de se pencher en avant et de tirer sur les bras. On leur montre les trajectoires idéales. On pensent un peu pour eux quand ils sont dans la difficulté. Bon, c’est un peu un monologue souvent. Je prends toujours une ou deux bouteilles d’eau avec moi, je leur donne à boire. On les materne un peu et on ne leur montre pas trop que c’est facile pour nous, pour ne pas les décourager.

Vous vous arrêtez avec eux aux ravitaillements ?
Oui, on leur conseille de ne pas s’arrêter aux premiers parce qu’il y a beaucoup de monde. On les enjoint de boire un peu, pas trop de manger, sur cette distance ce n’est pas forcément une bonne idée.

Vous est-il arrivé de ne pas respecter votre chrono ?
Oui, dans les deux sens d'ailleurs. On a souvent un léger retard dans la Gineste. Il vaut mieux monter lentement. Et on est parfois trop en avance dans la descente après le dernier ravitaillement. Certains coureurs nous le font remarquer, on est obligés de leur expliquer.

Certains coureurs doivent vous tomber dans les bras à l’arrivée…
Ah oui, c’est très poignant. Les gens nous remercient. Pour nous, c’est une récompense. 

Ce n’est pas gênant le harnais qui retient l’oriflamme dans votre dos ?
C’est pas génial. C’est un élastique tenu par des bandes de velcros attachées aux épaules et autour de la taille. On met souvent un vêtement supplémentaire sous le harnais. Depuis quelques années, j’ai bricolé un harnais de sac à dos, c’est plus confortable.