VIDEO. Filet, pneus, plastiques: Sea Shepherd dénonce les poisons de la Méditerranée

ENVIRONNEMENT L'ONG fondée par Paul Watson a présenté mercredi les résultats de l’opération Mare Nostrum qu’elle a mené cet été...

Mickael Penverne

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Marseille, le 14 octobre 2015, Sea Shepherd a Marseille.
Marseille, le 14 octobre 2015, Sea Shepherd a Marseille. — Mickaël Penverne / 20 Minutes

A un mois de l’ouverture de la COP21 à Paris sur les changements climatiques, l’ONG Sea Shepherd, fondée par le canadien Paul Watson, commence de prendre à témoin l’opinion publique. Elle a présenté mercredi les résultats de l’opération Mare Nostrum qu’elle a mené cet été en Méditerranée. Démarrée le 13 juillet, cette campagne a mobilisé une quarantaine de bénévoles qui ont plongé notamment au large des côtes françaises pour aller récupérer tous les déchets qu’ils y trouvaient.

Filets de pêches abandonnés, pneus usagés, poubelles, plastiques en tous genres et même un vélo… En deux mois de plongée, les écologistes ont ramené du fond de la mer un véritable « échantillon de notre vie quotidienne », dénonce Lamya Essemlali de Sea Sepherd France. Au total, les bénévoles ont remonté quatre kilomètres de filets « fantômes » qui sont abandonnés par les pêcheurs mais qui « continuent de tuer » les poissons et les autres espèces.

 

Fin de la pêche

Selon Paul Watson, les océans abriteraient plusieurs dizaines de milliers de kilomètres de ces filets « fantômes ». « Ce sont des armes de destruction écologiques massives parce qu’ils capturent et tuent les poissons longtemps après avoir été posés », a-t-il déclaré avant d’ajouter que Sea Shepherd allait s’associer aux clubs de plongée pour les ramener à la surface. Le plastique constitue, selon lui, l’autre poison des mers. Il y en aurait 700 millions de tonnes dans les océans, selon l’écologiste.

La solution pour mettre fin à toutes ces pollutions et stopper l’effondrement des espèces ? Pour le militant, il faut être radical et mettre fin immédiatement à la pêche industrielle. Les représentants des gouvernements et des Etats, qui se réuniront dans un mois pour la COP21, devront déclarer un « moratoire de 40 ans ». Sans cela, il n’y aura plus de pêche commerciale d’ici 2048, affirme-t-il. « La meilleure chose à faire, c’est de laisser les océans se soigner eux-mêmes ».

Contre la privatisation des mers

Dans le cadre de l'opération Mare Nostrum, l’association avait déjà attiré l’attention en filmant le fond du Vieux-Port en août. Aux poubelles et aux vélos s’ajoutaient des chaises, des boîtes de conserves ou plus classiquement, des bouteilles. Au milieu de tous ces détritus accumulés depuis de nombreuses années, quelques poissons essayaient de survivre. « On ne voit pas un cm² de sol. C’est Apocalypse Now », commentait l’ONG dans la vidéo qui a rapidement fait le buzz.

L'ONG participera samedi à la Seyne-sur-Mer, dans le Var, au lancement d'un autre programme baptisé La nation océan dont le but est de créer, symboliquement, un nouveau pays qu'il faut protéger des intérêts privés. « L’objectif est de lutter contre la privatisation des mers du globe comme le font, par exemple, les compagnies pétrolières qui exploitent les fonds des mers, explique Lamya Essemlali. Nous voulons rappeler simplement que l’océan est un bien commun ». Porté par le géographe Olivier Dubuquoy, le projet est également soutenu par l'association Colibris de Pierre Rabhi.