Marseille veut jouer les premiers rôles au cinéma

ECONOMIE Un nouveau studio d’effets spéciaux a été inauguré jeudi au pôle média de la Belle de Mai, en attendant peut-être un autre, à ciel ouvert celui-ci…

Mickael Penverne

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Marseille, le 9 octobre 2015, un nouveau studio d'effets spéciaux inauguré à Marseille.
Marseille, le 9 octobre 2015, un nouveau studio d'effets spéciaux inauguré à Marseille. —

Avec quelques mois de retard, le nouveau studio « motion capture et d’effets spéicaux » vient d’ouvrir ses portes au pôle média de la Belle de Mai. Il aura fallu un peu plus d’un an de travaux pour créer ce nouvel équipement destiné à renforcer l’attractivité de la ville auprès des professionnels du cinéma. Cet outil aura coûté 800.000 euros financés par la ville de Marseille, la communauté urbaine, le conseil départemental et la Région.

Le groupe français Newen a remporté l’appel d’offres pour gérer le studio. L’entreprise est un des poids lourds du secteur, puisqu’elle possède notamment la société de production de documentaires Capa. Et elle n’est pas une inconnue à Marseille puisqu’une autre de ses filiales, Telfrance, produit le feuilleton Plus Belle la vie qui a fêté l’année dernière ses dix ans d’existence rassemblant, chaque soir, près de cinq millions de téléspectateurs.

 

 

Le nouveau plateau de tournage associe plusieurs technologies. D’abord, le « Mocap » qui permet de modéliser des mouvements, sur fond vert, pour les intégrer ensuite dans un univers virtuel. Le studio permettra aussi de tourner sur des décors entièrement virtuels. Il offrira également la possibilité de produire des effets spéciaux plus classiques comme des incrustations sur image, des explosions, des impacts de balle, etc.

Selon Didier Parakian, adjoint au maire délégué à l’économie, il s’agit du plus grand studio d’effets spéciaux du sud de la France. « Marseille veut se positionner définitivement comme une ville du cinéma », explique-t-il. Depuis la création de la Mission cinéma au sein de la municipalité il y a 15 ans, chargée de favoriser le tournage des films dans les rues et les studios de la ville, le nombre de réalisations n’a cessé d’augmenter.

 

 

 

Selon la mairie, près de 1.300 tournages (longs-métrages, courts-métrages, publicités, films promotionnels…) ont été réalisés en dix ans. En 2014, la ville a enregistré plus de 360 tournages dont 15 longs-métrages et 19 séries. La plus attendue d’entre elles est sans doute la série Marseille du producteur américain Netflix, tourné actuellement dans différents lieux de la ville, avec Gérard Depardieu dans le rôle du maire.

Le cinéma génère 168 millions d’euros de retombées indirectes et 30 millions d’euros de retombées directes, assure Didier Parakian. Un euro d’aide financière entraînerait entre cinq et huit euros de retombées économiques. Ce chiffre peut monter à 17 euros pour les séries télévisées. Du coup, la municipalité veut aller plus loin et projette de créer de nouveaux studios. « Les professionnels nous le demandent », justifie l’adjoint au maire.

Un Backlot et deux nouveaux studios

La ville envisage ainsi de créer un « backlot », c’est-à-dire un studio à ciel ouvert. La plus célèbre de ces « rues » se situe à Hollywood. Colonial Street est une rue fictive constituée de décors permanents (maisons, jardins, trottoirs, etc). Théâtre de nombreux tournages, elle est surtout devenue célèbre en prenant le nom de Wisteria Lane dans la série Desperate Housewives.

Marseille envisage également de construire deux nouveaux plateaux de tournage, qui s’ajouteraient aux cinq studios déjà existants. Le conseil municipal a déjà approuvé le lancement des études prospectives. Si les financements sont réunis, ces nouveaux équipements pourraient être créés « avant la fin du mandat », selon Didier Parakian. « On en a besoin demain, pas après-demain », conclut-il.