OM: Paolo De Ceglie est-il forcément un mauvais choix de Michel?

FOOTBALL Le défenseur croule sous les critiques...

C.L.

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Paolo De Ceglie à la lutte avec Romain Saiss face à Angers le 27 septembre à Marseille.
Paolo De Ceglie à la lutte avec Romain Saiss face à Angers le 27 septembre à Marseille. — ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

« De Ceglie contre Di Maria, ça va être un massacre » annonçait Habib Beye quelques heures avant le match. La prophétie s’est accomplie. Au lendemain d’un PSG-OM, qui laisse un petit goût de fierté aux Marseillais combattifs face à l’incontestable leader du championnat, le défenseur de 29 ans récolte, lui, l’essentiel des critiques (avec Rolando, un peu moins accablé). Une volée de bois vert méritée ? 20 Minutes fait le point.

Que lui reproche-t-on ? En trois matchs de titulaires sur le couloir gauche, la doublure de Benjamin Mendy n’a pas convaincu. « Paris tape sur le côté de De Ceglie comme nos élus locaux tapent sur les Roms, écrit Hors-Jeu dans un résumé cinglant du match de dimanche soir : parce que c’est facile et en sachant qu’ils n’ont pas les moyens de se défendre ». « Il risque de vite retourner à la cave » disait Pierre Ménès du défenseur après sa prestation face à Toulouse. Pas plus de tendresse du côté des supporters. « La mascarade a assez duré », résumait l’un d’entre eux sur Twitter.

Les critiques sont-elles justifiées ? Face à Angel Di Maria, Paolo De Ceglie a vécu un véritable calvaire. Et pourtant, l’Argentin n’a pas livré le meilleur match de sa carrière. Au vu de ses prestations à l’OM, De Ceglie n’a ni la vitesse ni la puissance de Mendy.

Rentré dans le dernier quart d’heure face à Bastia le 13 septembre, pour remplacer Michy Batshuayi, l’Italien est placé au centre, sans succès. Face à Toulouse 10 jours plus tard, il est titularisé pour la première fois et prend sa place à gauche.

En manque d’automatismes, le joueur apparaît hésitant. Et ne rassure pas vraiment face à Angers. Malgré quelques centres intéressants, il rate notamment une reprise de la tête qui paraissait à sa portée, à la 83e minute.

Pouvait-on le prévoir ? De Ceglie appartient à la Juve depuis 9 ans. Le club turinois en est à son quatrième prêt. Sienne, Gênes, Parme et cette saison Marseille. L’an passé, le joueur né à Aoste a été forcé de quitter Parme, peu avant la mise en faillite du club. Il revient à Turin, pas vraiment attendu et termine la saison sur le banc, avec seulement deux apparitions sur le terrain. Le parcours du DJ en intérim n’est pas simple. « À la Juve, il n’a jamais été indispensable, commentait Simone Rovera, journaliste pour Sky Sports Italia, il n’a jamais non plus tenu les promesses qu’il avait fait naître avec les espoirs italiens. Il y a dix ans, c’était une des plus belles promesses du pays, mais il a trouvé à la Juventus un maillot plus grand que lui. » Recrue surprise du mercato estival de Marseille, le joueur ne ferait pas l’objet d’une option d’achat.

Et on fait quoi maintenant ? Michel a deux options. Laisser pourrir le latéral dans l’ombre de Mendy. Et le ressortir seulement quand il n’a pas le choix, comme lors de la suspension du Bleu espoir à Paris. Ou continuer son turn over et donner des minutes de jeu à De Ceglie. En croisant les doigts pour le voir enfin « s’épanouir » comme le suggérait Fabrizio Ravanelli à l’arrivée du Turinois. Face au PSG, ce n’était que sa cinquième apparition en bleu et blanc (dont trois titularisations). Et l’Italien a assuré vouloir « jouer un maximum. Il y a tant de matches au calendrier, notait-il dans une interview à La Provence, J’ai déjà participé à la Ligue Europa. Belle compétition, belle vitrine (…) J’espère donc être bien et participer ». Michel a 13 jours pour mûrir son choix, avant la reprise face à Lorient le 18 octobre.