Provence: Malgré une baisse de la production, un millésime 2015 très attendu

ECONOMIE Les conditions climatiques sont restées favorables jusqu'aux vendanges...

M.P.

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Un verre de vin rosé
Un verre de vin rosé — Gérard Julien AFP

Les vendanges sont terminées depuis quelques jours dans tous les domaines de la région et selon les professionnels, le millésime 2015 s’annonce « prometteur ». Un hiver pluvieux qui a permis de constituer des réserves d’eau dans les sols, suivi d'un été sec et chaud favorisant la maturité du raisin. 

« Les vendanges ont été précoces, avec au moins une semaine d’avance, mais le végétal n’a pas souffert et la maturité est bien étagée, précise Alain Baccino, du Conseil interprofessionnel des vins de Provence. On devrait obtenir un rosé avec beaucoup d’expressions aromatiques. Les rouges devraient être également intéressants ». Seul point noir : les volumes de production enregistrés sont inférieurs à ceux de l’année dernière : 1 275 000 hectolitres, soit -8 %.

Sur quatre générations

Mais Alain Baccino se veut rassurant : « 2014 fut une année exceptionnelle. On est revenu à une année moyenne, au niveau des millésimes 2011 et 2012 par exemple ». La baisse de la production en Provence ne devrait pas avoir d’impact sur les prix des bouteilles de rosé l’année prochaine, précise-t-il. Avec 26 000 hectares de vignes classées en AOC, la région reste la première productrice de vins d’appellation dans cette couleur. La Provence produit environ 160 millions de bouteilles, à 87 % du rosé.

Dans la petite ville de Saint-Cannat, à une quinzaine de kilomètres d’Aix-en-Provence, Phanette Double vient d’achever ses vendanges dans le domaine du château de Beaupré. Sa famille cultive les 45 hectares de cette exploitation depuis maintenant quatre générations. Aujourd’hui, avec son frère Maxime, elle produit « en bio à 100 % » du rouge (45 %), du rosé (45 %) et du blanc (10 %) en AOC Coteaux d’Aix et vin de pays.

Croissance à deux chiffres

« Cela fait au moins dix ans que je vinifie et c’est certainement la plus belle année, sourit la jeune femme. Il n’a pas plu cet été, il n’y a pas eu non plus de grêle, ni de maladie. C’est une super année avec des conditions incroyables ! » La viticultrice s’attend à une production d’environ 1 600 hectolitres, en baisse par rapport à l’année dernière (2 000 hectolitres). « Mais les beaux jus de fermentation et les bonnes odeurs promettent de belles choses, sans doute un peu plus complexes que l’année dernière », conclut-elle.

Aujourd’hui, une bouteille sur trois vendues en France a la couleur du rosé. Et l’Hexagone est le premier producteur mondial avec 6,6 millions d’hectolitres par an. Environ 18 % de cette production est vendue à l’export. Les Etats-Unis sont la première destination avec 34 % du volume total exporté. La croissance à deux chiffres (+53 % en volume et +70 % en valeur pour les rosés de juillet 2014 à juin 2015) se poursuit depuis une décennie. Cette année, 9,6 millions de bouteilles de vins de Provence ont été exportées aux USA.