Le stade Vélodrome à Marseille
Le stade Vélodrome à Marseille — BORIS HORVAT / AFP

ECONOMIE

Marseille: L'Euro 2016 pourrait rapporter 180 millions d'euros à la ville et sa région

Six matchs sont programmés au stade vélodrome qui attireront près de 500 000 spectateurs...

L’Euro 2016, c’est du foot mais c’est aussi du business. A partir du 10 juin 2016, 24 équipes nationales vont s’affronter dans dix stades en France. Pendant un mois de compétition, 51 matchs sont programmés qui attireront, selon les prévisions de l’UEFA, l’instance organisatrice, près de 2,5 millions de spectateurs, dont un million en provenance de l’étranger. Marseille accueillera six matchs, dont au moins un de l’équipe de France (peut-être trois si les Bleus se hissent jusqu’en demi-finales).

Pour mesurer l’impact économique de cet événement, et faire taire les critiques sur son coût, l’UEFA a commandé une étude au Centre de droit et d’économie du sport, basé à Limoges, qui a été présentée jeudi à la Chambre de commerce et d’industrie. Selon le CDES, la France peut attendre près de 1,3 milliard d’euros de retombées : 593 millions d’euros de dépenses par les spectateurs dans les stades, 478 millions d’euros pour l’organisation de la compétition et 195 millions de dépenses par les spectateurs dans les « FanZones ».

Panier moyen

Les « FanZones » sont les lieux publics où seront installés, par l’UEFA, des écrans géants pour suivre la plupart des matchs. Leur accès sera gratuit mais ils proposeront des animations payantes. A Marseille, elle sera installée sur les plages du Prado. Entre les équipes et leur staff (35 personnes en moyenne) et les spectateurs qui se rendront au Vélodrome et au Prado, la ville et sa région peuvent espérer, selon le CDES, 181 millions d’euros de retombées économiques.

Plus de 210.000 visiteurs français, 140.000 étrangers et 8.000 VIP sont attendus au stade. Avec une dépense évaluée à 353 euros par jour et par personne, ils devraient générer 120,5 millions d’euros de retombées. Dans la « FanZone » du Prado, plus de 136.000 spectateurs étrangers sont attendus. A 150 euros par personne en moyenne, ils devraient dépenser, au total, 20,5 millions d’euros. « L’Euro 2016 est un énorme business », résume à juste titre Sébastien Klotz de l’UEFA.

Le CDES a également évalué la compétition en termes d’emplois : 94.000 personnes devraient être employées sur l’ensemble du territoire. L’UEFA n’a pas d’évaluation pour Marseille et sa région mais assure que les entreprises locales peuvent encore répondre à des appels d’offres pour la restauration, le nettoyage, les services, etc. Pour appuyer son propos, l’instance organisatrice met volontiers en avant la société Proman, une entreprise fondée à Manosque, qui est devenue l’agence de recrutement officielle l’Euro 2016.

Promotion et marketing

Son directeur général, Roland Gomez, estime ainsi que les « intérimaires auront une place importante » : « Nous avons déjà recruté un millier de personnes pour la société qui organise l’Euro. Après, dans chaque ville, on devrait arriver à 5.000 ou 6.000 intérimaires ». Embauchés pour quelques heures, quelques jours ou, au mieux, quelques semaines, ils seront affectés principalement à des postes de gardiennage, d’accueil ou de sécurité.

L’Euro 2016 est enfin vendu comme un outil de promotion et de marketing du territoire. L’UEFA assure que chaque match de la compétition attirera environ 150 millions de téléspectateurs – à titre de comparaison, les 21 étapes du Tour de France 2015 ont rassemblé en moyenne 3,5 millions de téléspectateurs chaque jour. « Avec les six matchs organisés à Marseille, c’est potentiellement un milliard de personnes qui regarderont de ce côté-ci », conclut Philippe Margraff, directeur marketing de l’UEFA.