Marseille: La communauté urbaine dit oui aux boues rouges pendant 5 ans

ENVIRONNEMENT Cet avis sera versé à l'enquête publique qui s'achève vendredi...

M.P. avec AFP
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Les "boues rouges", issues des résidus de bauxite, sur le site de Mange-Garri, près de Gardanne en octobre 2010
Les "boues rouges", issues des résidus de bauxite, sur le site de Mange-Garri, près de Gardanne en octobre 2010 — Anne-Christine Poujoulat AFP

Le Conseil de développement de la communauté urbaine de Marseille s’est dit favorable au renouvellement de l’autorisation de rejeter des déchets en mer accordée à l’usine Alteo de Gardanne, à condition notamment de limiter à 5 ans cette dérogation.

« Il n’y a pas seulement un problème environnemental, il y a aussi un problème scientifique », a résumé Philippe Langevin, président de la commission environnement du Conseil, évoquant l’impossibilité à l’heure actuelle d’éliminer dans les rejets liquides de l’usine - elle cessera ses rejets solides au 31 décembre.

Une pétition à La Ciotat

Cette période de cinq ans doit « être mise à profit pour que les scientifiques puissent travailler à la recherche d’une solution conforme au respect de toutes les normes environnementales ».

« Si au bout de cinq ans, il n’y a pas d’assurance qu’il n’y a plus de pollution, il n’y aura plus de dérogation », a affirmé Jean-Louis Tixier avant d’ajouter : « Accorder une autorisation de 30 ans, ce serait irresponsable ». Le conseil d’administration du Parc national des calanques a délivré en septembre 2014 une autorisation de rejets pour 30 ans.

Depuis quelques semaines, la pression se fait de plus en forte sur l’usine Alteo. La municipalité de La Ciotat a lancé une pétition, qui a recueilli 13.000 signatures, pour interdire les rejets. Le maire de la commune Patrick Boré remettra mercredi l’ensemble de ces signatures au commissaire enquêteur.

Une solution technique

Après clôture de l’enquête publique et remise du rapport de la commission d’enquête, le dossier sera soumis à l’avis du conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (CoDERST) ainsi qu’au conseil supérieur de la prévention des risques technologiques (CSPRT), avant décision du préfet des Bouches-du-Rhône.

De son côté, la direction d’Alteo promet de trouver une « solution technique » pour traiter les « eaux de procédé ». « Nous nous engageons à inventer un procédé qui permettra de traiter, soit complètement, soit partiellement, les 0,05 % d’effluents liquides », indiquait il y a une semaine le directeur des opérations, Eric Duchenne.