Incidents OM-OL: Le Stade Vélodrome est-il une passoire à projectiles?

FOOTBALL Comment des bouteilles de bière peuvent entrer au Vélodrome malgré la fouille?...

C.L.

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Anthony Lopes, gardien lyonnais ramasse un fumigène lancé sur le terrain à Marseille le 20 septembre 2015
Anthony Lopes, gardien lyonnais ramasse un fumigène lancé sur le terrain à Marseille le 20 septembre 2015 — FRANCK PENNANT / AFP

Des boulettes de papier. Mais surtout des bouteilles en verre et des fumigènes. Il n’y a pas que de violents sifflets qui ont volé depuis les virages ce dimanche soir d’Olympico. A plusieurs reprises, des projectiles susceptibles de blesser joueurs, spectateurs ou personnel du stade, ont atterri sur la pelouse pendant OM-Lyon. Evidemment, ils sont tous interdits au Vélodrome. Et risquent de coûter cher à l’OM et aux clubs de supporters.

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« Tout objet pouvant servir de projectile (y compris les piles, radios, baladeurs, contenants verres ou plastiques…) pouvant constituer une arme ainsi que les articles pyrotechniques de toute nature (fusées, artifices…) » est proscrit du Stade, rappelle le règlement des abonnements. Tout contrevenant risque trois ans de prison et 15.000 euros d’amende. Pour éviter ça, chaque supporter est fouillé à l’entrée du stade. Alors comment des projectiles parviennent à entrer à l’intérieur du Vélodrome ?

« Il faudrait multiplier par quatre le nombre de stadiers »

Rien de plus facile, à en croire Cédric, ancien stadier au Vélodrome. Il arrive assez souvent que tout le monde ne soit pas fouillé. « Lorsque la foule est trop importante et que ça pousse, explique l’ancien stadier, il y a des gens qui passent à travers les mailles du filet. » Un secret de polichinelle pour Michel Tonini, président des Yankees, selon qui « les fauteurs de trouble s’arrangent pour entrer au moment où il y a une bousculade. » Plus simplement, « avec 60.000 personnes à faire rentrer en 30 minutes, reprend le supporter du virage nord, sachant qu’il faut une minute pour une palpation bien faite, il faudrait multiplier par quatre le nombre de stadiers ». Dimanche soir, les hommes en orange étaient 150 de plus que d’habitude, pour un total de 740 hommes, selon les explications de Vincent Labrune dans un communiqué du club. C’est autant que pour le clasico d’avril 2015.

Des projectiles cachés dans le stade avant ?

Plus que le passage clandestin des fumigènes, « ce qui arrive dans tous les stades », tempère presque le préfet des Bouches-du-Rhône, Laurent Nunez, c’est la présence de bouteilles en verre qui interpelle. « Il faudra que je vois avec le club comment des bouteilles d’une marque de bière célèbre ont pu se retrouver sur le terrain. Il y a manifestement eu un dysfonctionnement important dans les fouilles ». Ou un tour de passe-passe des fauteurs de trouble. D’abord en connaissant un stadier. « On est fouillé qu’une seule fois, explique Cédric, ancien homme en orange. Il suffit d’aller voir celui qu’on connaît », qui fermera les yeux.

Autre possibilité, faire entrer des projectiles par une deuxième personne, prestataire voire stadier directement ou dissimuler des projectiles plusieurs jours avant le match. « En trois ans de stadier, je n’ai jamais trouvé quelqu’un avec des fumigènes ou des bouteilles lors d’une fouille mais il y en a toujours dans le stade. Alors je ne sais pas, mais pour moi, ils sont présents avant. » Placés par les supporters qui pénètrent avant tout le monde pour installer les tifos? Etrange, quand on sait que ce sont eux les premières victimes des représailles de la Ligue en cas d'incidents.