Marseille: Nouveau départ pour la prime au vélo électrique

TRANSPORTS Marseille Provence Métropole relance son dispositif d'aide à l'achat de 400 euros maximum...

Mickael Penverne

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Un vélo de la marque Moustache.
Un vélo de la marque Moustache. — Mickaël Penverne / 20 Minutes

Beaucoup d’amateurs du vélo électrique attendaient la nouvelle depuis longtemps : la communauté urbaine de Marseille va renouveler le dispositif d’aide à l’achat de vélos électriques. Pour remplir son objectif de 1 % de report des déplacements depuis la voiture et les scooters vers les « modes de transport à assistance électrique », Marseille Provence Métropole avait voté en décembre 2013 une subvention à hauteur de 25 % pour l’achat d’un vélo électrique, soit 400 euros au maximum.

L’enveloppe de 80.000 euros avait été prorogée deux fois, en octobre 2014 et mai 2015, pour un montant total de 70.000 euros. L’intégralité des 150.000 euros avait été consommée en quelques mois, et ce sont 420 particuliers qui en avaient bénéficié. Pour un vélo acheté en moyenne près de 1.700 euros, ils avaient reçu une aide de près de 360 euros. Devant le succès du dispositif, la communauté urbaine vient de décider de le prolonger jusqu’au 31 décembre pour une enveloppe globale de 40.000 euros.

Bourrés d’électronique

Raphaëlle est professeure de mathématique à l’université d’Aix-Marseille. Elle travaille dans un laboratoire qui a des locaux sur les sites de Luminy, Saint-Charles et Château-Gombert. Elle pourrait prendre la voiture pour se rendre aux quatre coins de la ville. Elle a choisi le vélo électrique. « A Marseille, il faut beau, le relief est accidenté et les transports en commun sont abominables. En fait, c’est le seul moyen d’être à l’heure. Et puis, si on prend tous nos voitures, on va droit dans le mur », explique-t-elle en faisant référence au réchauffement climatique.

Emballée par cette solution, elle a fini par troquer sa voiture contre une de ces machines. « C’est vrai que c’est cher à l’achat mais à l’usage, c’est moins cher qu’une voiture », justifie-t-elle. Le prix est sans doute le frein le plus important au développement du vélo électrique. Quand on peut trouver un vélo d’occasion à 50 ou 100 euros, il faut débourser entre 1 000 et 3 000 euros pour un de ces engins bourrés d’électronique. « C’est une sorte de rupture d’égalité de l’accès à la mobilité », estime même Benjamin Clamsen, président du collectif Vélos en Ville.

Politique en pointillé

Véloland est l’une des premières enseignes à avoir vendu des vélos électriques à Marseille. La boutique a ouvert ses portes en 2007 dans le 8e arrondissement. A l’époque, il fallait encore monter les moteurs en kit sur les cadres existants. Aujourd’hui, les modèles proposés vont du deux-roues très féminin aux VTT de compétition, en passant par les deux-roues vintages de la marque « Moustache » - le must dans sa catégorie paraît-il - fabriqué dans le Jura et vendu 2.700 euros.

Malgré ces prix très élevés, « c’est un marché en progression constante depuis huit ans, explique l’un des fondateurs du magasin, Fabrice Malergue. On est sur une hausse d’environ 20 % par an ». La boutique vend en moyenne deux vélos par jour. Le dispositif d’aide à l’achat de Marseille Provence Métropole a d’ailleurs permis de « doubler » les ventes en 2013. Pourtant, selon Fabrice Malergue, « cela n’a pas révolutionné le marché » : « C’était très bien mais cela n’a duré que quatre mois. C’était trop limité dans le temps. Au final, c’est une politique en pointillé qui ne motive pas vraiment les gens », conclut-il.