Méditerranée: Un appel au don pour acquérir un bateau et sauver des migrants

SOLIDARITE L'association SOS Méditerranée veut intervenir toute l'année en haute mer...

Amandine Rancoule

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Illustration - Un bateau de migrants en train d'être secourus dans la mer Méditerranée.
Illustration - Un bateau de migrants en train d'être secourus dans la mer Méditerranée. — Crédit GABRIELE FRANCOIS CASINI / MEDECINS SANS FRONTIERES / AFP

Elle prévient d’emblée : « Nous ne sommes pas des Zorro de la mer ». Plutôt, « une chaîne de sauvetage ». Sophie Beau, cofondatrice de l’association SOS Méditerranée, implantée à Marseille et Berlin, a lancé avec Klaus Vogel, un ancien capitaine de marine marchande, un appel aux dons sur le web. Ils ambitionnent d’acquérir un bateau de 60 mètres et de le prépositionner en haute mer entre les côtes libyennes et italiennes pour sauver des réfugiés en Méditerranée.

Sur le modèle de la société allemande de sauvetage en mer, DGzRS qui comporte 60 embarcations et veille 24 heures/24 sur la mer du Nord et la Baltique, l’équipage professionnel de SOS Méditerranée ferait du sauvetage pendant toute l’année. A bord, les équipes de médecins dispenseraient les soins médicaux.

Ce projet est né après la fin, en 2014, de l’opération Mare Nostrum, partiellement remplacée par le dispositif Triton. La majorité des associations humanitaires « n’ont pas les compétences de navigation » pour organiser les secours en haute mer. La mission est alors confiée aux autorités, comme les garde-côtes ou les navires de l’opération européenne Frontex.

« Des tombeaux marins »

« Les autorités italiennes réceptionnent les appels de détresse et préviennent les bateaux qui se trouvent dans la zone, mais certains navires ne répondent pas, souligne Sophie Beau. De plus, un porte-conteneurs a plus de chances de faire chavirer les embarcations que de sauver les occupants, c’est arrivé plusieurs fois. »

D’après elle, 2.500 personnes seraient décédées entre la Lybie et l’Italie depuis le début de l’année et plus de 23.000 entre 2000 et 2014. « Les passeurs leur fournissent des embarcations de fortune, des tombeaux marins, estime-t-elle. Ils ne mettent pas assez de fioul et ils restent en panne en haute mer, livrés au courant. »

« Créer un mouvement favorable de l’opinion publique »

Pour l’heure, plus de 37.000 euros ont déjà été récoltés sur un premier objectif de 100.000 euros.

 

« Nous voulons créer un mouvement favorable de l’opinion publique pour donner envie à de fondations ou des mécènes de nous soutenir », espère la fondatrice de l’association. Car l’association doit trouver plus d’un million d’euros pour acheter le bateau. Elle estime à trois millions par an le coût de fonctionnement.

Secours aux migrants

En août 2014, un riche couple italo-américain a lancé depuis Malte la première opération privée de recherche et de secours aux migrants en Méditerranée. Leur fondation, MOAS, a affrété le Phoenix I, un navire de 40 mètres, équipé de drones pour repérer les embarcations à la dérive.