Des rats et des hommes, aussi nombreux

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Plus de travaux, donc plus de rats dans les rues. Les grands chantiers qui ont ouvert à Marseille depuis trois ans ont fait resurgir dans les rues des centaines de rongeurs. Avec 1 500 opérations de dératisation menée l'an dernier, la mairie assure que le nombre global de rats « n'augmente pas ». Mais combien sont-ils exactement ? Impossible à dire, même si plusieurs scientifiques estiment que les grandes villes occidentales comptent un rat pour chaque habitant. Soit, pour Marseille, près de 800 000 rongeurs dans nos égouts et dans nos caves.

Côté carte d'identité, le rat marseillais est surtout un rat noir. Fan des régions chaudes, mauvais nageur mais bon grimpeur, il a supplanté le « surmulot », plus connu sous le sobriquet de rat d'égout. Long de plus de 40 cm (dont 20 cm

de queue), il se reproduit au rythme de 30 à 60 petits par an. Pour l'endiguer, la mairie dépose des plaquettes de raticide directement dans les égouts. Mais la bestiole est retorse : la meute de rats envoie toujours l'individu le plus faible ou le plus âgé pour goûter le piège. Elle peut ensuite attendre plusieurs jours pour voir les effets du produit. Si le goûteur meurt, les rats arrosent le piège d'urine pour avertir toute la communauté. Pour les tromper, les dératiseurs utilisent des pièges anticoagulants : les rats se vident progressivement de leur sang, ce qui n'inquiète pas leurs congénères. Sur le domaine public, la dératisation relève de la mairie. Mais les particuliers ont également des obligations, notamment de grillager leurs soupiraux et de jeter leurs ordures dans des conteneurs fermés.

santé Les risques pour la santé liés aux rats sont faibles. Vecteur, via ses puces, de la Grande peste qui a décimé Marseille en 1720, le rat est surtout porteur aujourd'hui de la leptospirose, qui peut se soigner par des antibiotiques.