Marseille: « La métropole ne doit pas être du bricolage politico-administratif »

ECONOMIE Philippe de Fontaine de Vive présente le réseau Massilia Mundi qui rassemble une millier d'entrepreneurs marseillais vivant à l'étranger...

M.P.

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Philippe de Fontaine Vive, président de Massilia Mundi.
Philippe de Fontaine Vive, président de Massilia Mundi. — Georges Majolet

Créé il y a trois ans, Massilia Mundi est un réseau international d’entrepreneurs qui veulent changer l’image de Marseille et de la future métropole. Son président, Philippe de Fontaine de Vive, vient d’en accueillir le millième membre.

Quel est l’intérêt de rassembler des chefs d’entreprises marseillais ou provençaux dans un même réseau ?

Notre objectif est de changer l’image de Marseille-Provence et de faire savoir qu’il se passe des choses bien ici. Vous le savez comme moi : les informations et les images sur les faits divers se diffusent très rapidement. Ce qui n’est pas le cas de la réalité économique d’un territoire qui se transforme. Ce ne sont pourtant pas les initiatives qui manquent : Marseille-Provence 2013, la French Tech, la Capitale du sport en 2017, la fusion des universités, etc. On voit bien, au travers de ces événements, que des gens sont prêts à investir sur le territoire. Pourquoi ne pourrait-on pas faire fructifier le lien qui unit la diaspora marseillaise et provençale à ce territoire ?

N’est-ce pas paradoxal de voir des chefs d’entreprises prônant le libre-échange et la mondialisation défendre une portion de territoire ?

Des gens comme moi qui vivent dans des avions et dans des hôtels, qui sont dans la culture mondiale, ont aussi besoin de se sentir chez eux quelque part. Ils ont besoin de ce que l’on pourrait appeler un supplément d’âme. Avec Massilia Mundi, tout part d’un attachement sentimental et tout revient à ça.

Comment est perçue Marseille sur la scène internationale ?

Elle est perçue comme la seule grande ville méditerranéenne mondialisée. Pour les Chinois, par exemple, c’est la place naturelle de leurs investissements pour créer des liens sécurisés avec le Maghreb et l’Afrique. La ville a un peu cette image de tête de pont vers l’Afrique.

Marseille serait donc plus méditerranéenne et mondialisée que Barcelone par exemple ?

Barcelone s’est mondialisée avant Marseille, grâce notamment à l’organisation des Jeux Olympiques (en 1992). Mais son économie est avant tout une économie locale. Et sa réalité sociologique n’est pas non-plus méditerranéenne. Elle n’a pas l’histoire, ni la volonté d’être ce creuset multiculturel que peut être Marseille.

Quel est l’intérêt pour les chefs d’entreprise, dont certains n’habitent plus la région depuis longtemps, d’intégrer Massilia Mundi ?

Tous les chefs d’entreprise savent que l’économie fonctionne en réseau. Quand on veut s’installer dans un pays, par exemple, c’est toujours plus facile de demander des conseils à des Provençaux. Nos ambassadeurs sont donc en quelque sorte des postes avancées dans chaque pays.

Où se trouvent-ils en majorité ?

Nous avons aujourd’hui très exactement 1 018 ambassadeurs et nous sommes présents dans 33 pays, notamment aux Etats-Unis. Mais curieusement, dans les pays poches, comme le Maghreb, ce n’est pas encore ressenti comme un besoin fort et immédiat.

Quels sont vos liens avec les collectivités locales qui vont se rassembler et créer la métropole le 1er janvier ?

Massilia Mundi est une initiative du monde économique qui a envie de porter cette métropole. Nous n’avons demandé aucune subvention à aucune collectivité. Nous ne voulons pas être catalogué dans aucun clan et nous ne voulons être récupérés par qui que ce soit. Pour nous, la métropole ne doit pas être du bricolage politico-administratif. On doit pouvoir vendre à l’extérieur la totalité des avantages de ce territoire. On doit pouvoir faire un pot commun des avantages d’Aix et de Marseille.