Marseille: La Friche de la Belle de Mai rêve de devenir une « Cité Radieuse dépliée »

AMENAGEMENT Le centre culturel a inauguré l'Institut méditerranéen des métiers du spectacle...

Mickael Penverne

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Marseille, le 4 septembre 2015, inauguration de l'institut des métiers du spectacle.
Marseille, le 4 septembre 2015, inauguration de l'institut des métiers du spectacle. — Mickaël Penverne / 20 Minutes

La Friche de la Belle de Mai franchit une nouvelle étape. Après la Tour Panorama, les deux nouvelles salles de théâtres (Les Plateaux), la librairie, la crèche, le centre culturel du 3e arrondissement, bâti dans les anciens locaux de la Seita, poursuit son expansion en inaugurant un nouveau bâtiment : l’Institut méditerranéen des métiers du spectacle.

Avec une superficie de 2500 m2, la construction et l’aménagement de l’IMMS ont coûté 8 millions d’euros, financés par l’Etat et les collectivités locales. Doté de trois salles de répétition, soit près 300 m2, et d’une salle de conférences de 65 places, il accueille les élèves de 3e année de l’ERAC, l’Ecole régionale d’acteurs de Cannes, et les apprentis de l’ISTS, l’institut supérieur des techniques du spectacle d’Avignon.

C’est la première fois en France que sont réunis en un même lieu de futurs comédiens et techniciens du spectacle. « L’objectif, c’est de construire une culture commune pour mieux comprendre les besoins des uns et des autres », explique le directeur de la Friche, Alain Arnaudet. L’IMMS accueille depuis la rentrée 65 élèves. Comme Grégor, âgé de 22 ans, venu de la région parisienne.

 

Les locaux de l’Institut méditerranéen des métiers du spectacle. - Mickaël Penverne/20 Minutes

 

« Dans ce métier, il est toujours nécessaire de voir large. Un lieu comme celui-ci est parfait pour compléter nos formations, explique le jeune homme. Et puis, la Friche est un lieu qui favorise le décloisonnement, qui facilite les rencontres ». « Tout ce qu’on peut imaginer, on peut le trouver à la Friche, renchérit avec enthousiasme Audrey, 25 ans. On peut sortir de cours et aller le soir à un spectacle, un concert ou une expo. C'est génial ! »

Avec ses 100.000 m2 de studios, d’ateliers, de salles de concert ou d’exposition, l’ancienne manufacture de tabac accueille environ 300.000 visiteurs par an. Près de 400 personnes y travaillent à l’année. Réceptacle privilégié d’événements artistiques, le lieu est devenu la locomotive de la « régénération urbaine » du 3e arrondissement, en particulier de la Belle de Mai, l’un des quartiers les plus pauvres de Marseille.

Brasília comme exemple

Après l’ouverture de l’IMMS, la Friche s’apprête ainsi à inaugurer dans quelques semaines une nouvelle aire sportive dotée d’un skate-park, d’un terrain de basket et d’un mur d’escalade. En 2016, il est aussi prévu d’aménager une « place paysagée » et d’ici deux ans, des logements sociaux pourraient apparaître. Au fil des constructions, la Friche grossit et étend de plus en plus son "offre" au-delà des frontières culturelles. Selon son directeur, elle est même en passe d’accomplir le projet collectif de Le Corbusier.

« La Friche est une Cité Radieuse dépliée, résume Alain Arnaudet. Ce que nous sommes en train de créer ici est unique en Europe. Bien sûr, il existe des friches culturelles ailleurs. Mais ici, nous créons un lieu de vie qui est un lieu de création et de diffusion culturelle mais aussi un espace public et une pépinière d’entreprises (…). L’urbaniste de Brasília (Lucio Costa) voulait créer une ville composée de petits îlots reliés entre eux. Il ne l’a pas complètement réalisé. Nous, nous sommes en train de le faire ».