Tennis : La Guez Partie n’est pas prête de s’arrêter

TENNIS Le Marseillais rentre tout juste de l'US Open et repart dans cinq jours sur un tournoi dans les Alpilles...

Christine Laemmel

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David Guez à l'Open d'Australie en 2014
David Guez à l'Open d'Australie en 2014 — Aaron Favila/AP/SIPA

« Guezou, y’en a pas deux ». Pour parler à David Guez, 186e au classement ATP, pas besoin de courir après un attaché de presse ni d’envoyer dix mails de relances. Un rapide message sur Twitter et le tennisman marseillais vous lâche son 06. En prime, vous tombez sur son répondeur fendard.

Une blague de potes, « parce que je suis un peu particulier », justifie David Guez, un peu embarrassé. « On est avec des potes, on boit une bière et d’un coup, j’en ai marre, je dis "allez les gars, j’y vais", et je me barre. »

Quatorze trajets en avion en août

Il est comme ça, « Guezou », un ovni des tournois ATP. Qui ramène sa raquette sur les courts pros depuis plus de dix ans. Naviguant toujours entre deux eaux, sous les 100 meilleurs mondiaux. Dimanche dernier, le licencié du Tennis Club de Marignane, est rentré quasi bredouille de l’US Open new-yorkais. Sorti au deuxième tour des qualifications par Illya Marchenko (6-2, 7-6), « non », il n’est pas content de lui. D’autant que le Provençal avait déjà battu l’Ukrainien (120e mondial) en mars, en quart de finale de l’Open de Quimper. Mais le trentenaire a « un peu de mal à récupérer » de son planning chargé. En cinq semaines, il a pris 14 fois l’avion. Entre New-York, la Corse, la Slovénie, l’Espagne, entre autres.

De son aller-retour aux Etats-Unis, il a tout de même ramené les 10.000 dollars octroyés aux sortants du deuxième tour, lui permettant d’amortir les quelques jours passés en colocation avec Jonathan Eysseric au Parker Meridien de Manhattan. « On nous donne 180 dollars par personne par jour pour se loger et 50 dollars pour manger sur le site du tournoi, détaille David. A 100 dollars près, j’ai rien sorti de ma poche ». L’opération n’était pas jouée d’avance. En mai, le joueur de 32 ans avait dû louer un appart avec son coach pour faire Roland-Garros. Loin des superstars du tennis mondial, celui qui doit partager son entraîneur avec des enfants de clubs amateurs, mène sa barque « quasiment seul » depuis 2005. « C’est un train de vie ».

« A fond dans le foot »

Dès le 7 septembre, il retournera se chauffer sur les terrains de Saint-Rémy-de-Provence, pour le Trophée des Alpilles. Avant de décoller pour la Turquie. D’ici novembre, le Marseillais espère atteindre la 140e place au classement ATP. « C’est tout à fait faisable » estime-t-il, après une année « pas trop mauvaise » et un mois de février encourageant malgré son « accrochage » sur Jérémy Chardy à l’Open 13.

En fait d’ici 2017, entrer dans les 100 meilleurs mondiaux ne lui fait pas peur. David aura 34 ans. Pas si vieux quand on sait que « la moyenne d’âge du top 100 est à 28 ans, prend soin de préciser le tennisman, et celle du top 10 encore plus haute [28,6 ans] ». Malgré une année 2014 « pas terrible du tout », et une tentation de s’éloigner des courts, Guez ne lâche rien. Singulier, avec ses potes, dans sa carrière, comme dans sa communication.

Comme ce lundi 31 août, où, à peine posé à l’aéroport de Marignane, il n’hésite pas à mentionner Vincent Labrune sur Twitter (mais c’est un compte parodique), à quelques heures de la clôture du mercato. Nature peinture.

« C’est pas normal, commente-t-il après coup, toujours agacé, on peut pas dire qu’ils ont pas eu le temps ». Infatigable sur les tournois ATP, « à fond dans le foot » autant que dans le tennis, « Guezou » continue sa révolte.