Marseille: Il écope de six mois de prison pour avoir filmé ses hôtes sous la douche

JUSTICE L'homme versait aussi de l'acide chlorhydrique dans le gel douche de ses victimes...

M.P. avec AFP

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Il versait de l’acide chlorhydrique dans le gel douche (photo d'illustration).
Il versait de l’acide chlorhydrique dans le gel douche (photo d'illustration). — VALINCO/SIPA

Un ingénieur de 37 ans a été condamné mardi à Marseille à deux ans de prison dont 18 mois avec sursis et mise à l’épreuve pour avoir filmé sous leur douche des touristes étrangères qu’il accueillait chez lui via le site Couchsurfing.

Le prévenu, employé chez ERDF, proposait via ce site son canapé à ses victimes. Mais à travers un trou aménagé dans un placard de sa chambre, le cadre observait et filmait ses hôtes sous la douche. Et pour faire durer cette observation, il versait même de l’acide chlorhydrique dans le gel douche.

« Je voulais que les filles se douchent plus longtemps, qu’elles y restent davantage et qu’elles se frottent pour éliminer le produit », a-t-il expliqué aux enquêteurs, reconnaissant devant le tribunal correctionnel de Marseille être « terriblement honteux ».

Braver l’interdit

Tête baissée, visage empourpré, le prévenu a avoué un trouble de voyeurisme ancien, assurant qu’il regardait déjà sous la jupe de sa maîtresse à la maternelle. En 2009, à Bordeaux, il avait été surpris tentant de photographier une femme dans la cabine de douche d’une piscine.

L’affaire qui lui a valu de comparaître mardi a débuté en juillet 2012 avec la plainte d’une jeune touriste berlinoise. Le prévenu avait mis du Lexomil sur sa tartine de pain beurre, de l’acide dans son gel douche et sa culotte, « afin qu’elle reprenne sa douche et qu’elle se frotte intensément au niveau du sexe pendant que je la regardais », a reconnu l’ingénieur.

Depuis 2006, il estime avoir proposé gratuitement son canapé rouge à une quarantaine de voyageurs, principalement des jeunes femmes. Mais il assure n’avoir observé que cinq ou six d’entre elles. « Ce qui m’intéressait, c’était braver l’interdit, ce n’était pas forcément sexuel. C’était voir sans être vu », a-t-il expliqué.

Immature mais intelligent

L’expert psychiatre du tribunal a conclu à une altération de son discernement en raison d’une « perversion de type voyeuriste de longue date ».

Aux yeux de Laure Chazalet, l’avocate de la jeune Allemande, « il est quelqu’un de lisse, il n’inspire pas de méfiance. Ce qui le rend dangereux c’est justement qu’il ne paraît pas l’être ». De son côté, Géraldine Méjean, la défenseure du prévenu, a souligné l’absence d’une quelconque agression sexuelle chez cet homme « encore immature mais extrêmement intelligent ».

Le tribunal lui a aussi imposé une obligation de soins.