Marseille: La police judiciaire déjoue un projet de braquage de fourgon

BANDITISME L'enquête a été menée en synergie avec la police judiciaire de Lyon...

A.R.

— 

Le procureur de Marseille Brice Robin le 2 avril 2015 à Marseille
Le procureur de Marseille Brice Robin le 2 avril 2015 à Marseille — Boris Horvat AFP

Ils voulaient vraisemblablement braquer un fourgon blindé ou un centre fort. Neuf Marseillais, dont certains déjà condamnés pour assassinats ou vols à mains armées, ont été mis en examen, a annoncé mardi le procureur de la République de Marseille, Brice Robin. Sept d’entre eux ont été écroués, deux autres placés sous contrôle judiciaire.

L’équipe, « du haut de gamme du grand banditisme », était surveillée depuis mi-juillet après deux renseignements reçus par la police judiciaire de Marseille et de Lyon. Elle avait fait des repérages près d’Annecy et un gîte situé à Talloires a été identifié comme lieu de base.

Les arrestations ont eu lieu jeudi, à Marseille, « à la plage », à Mandelieu-La-Napoule et en Corse. Elles se sont déroulées peu après la découverte d’une cache d’armes à Saint-Julien-de-Peyrolas dans le Gard : kalachnikovs, chargeurs, carabines, des gilets pare-balles, cartouches munitions ont été trouvés…

Les armes « étaient emballées et bien cachées, enterrées sous terre dans la propriété d’un membre de la famille d’une des personnes arrêtées », a précisé Eric Arella, le directeur interrégional de la police judiciaire de Marseille.

« Un seul reconnaît avoir déposé les armes, mais à la demande de Robert Bérangier », a souligné Brice Robin. Robert Bérangier, fiché au grand banditisme, condamné dans l’attaque du fourgon de la Brinks à Gentilly en 2000, a été abattu le 6 août au matin à Beaumont (12e). « Le passage à l’action aurait été freiné par la mort de Robert Bérangier », a estimé le procureur. Placé sous surveillance policière, Bérangier n’était pas suivi par la police ce matin du 6 août.

100 policiers ont travaillé sur l’affaire

« Nous avons mis hors d’état de nuire une équipe de malfaiteurs chevronnés en un mois et demi grâce à l’engagement des moyens policiers, a souligné Eric Arella. C’est en exemple de cohésion de services ». Près de 100 policiers ont travaillé sur l’affaire, avec « des surveillances H24 ».

Ce travail a « permis de déboucher sur l’interpellation des malfaiteurs avant qu’ils ne commettent leur forfait », a précisé Philippe Veroni, le patron de la sous-direction de la lutte contre la criminalité organisée. « On ne pouvait pas se laisser doubler car la vie des convoyeurs était en jeu », conclut le procureur.