Marseille: Les professionnels s'inquiètent de la progression de locations de type Airbnb

TOURISME La saison touristique a été bonne dans la région...

Amandine Rancoule
— 
Vue du vieux port.
Vue du vieux port. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Une saison exceptionnelle. Avec 111 millions de nuitées enregistrées cet été en Paca, contre 106 en 2014, la région a engrangé 6,6 milliards d’euros de recettes, soit plus d’un tiers du total annuel, estimé à 18 milliards. Selon le Comité régional du tourisme (CRT), le littoral a tiré profit de la canicule de juillet mais aussi les zones de montagne, plus au frais, comme les Alpes-de-Haute-Provence ou les Hautes-Alpes.

« Les grands vainqueurs sont les locations entre particuliers de type Airbnb »

Tous les modes d’hébergement ont profité de l’embellie, mais « les grands vainqueurs sont les locations entre particuliers de type Airbnb », souligne Bruno James, le directeur du CRT. Airbnb est une plateforme communautaire mettant en contact dans le monde entier, via Internet, des voyageurs et des propriétaires d’appartements à louer pour de courtes durées. Elle est souvent critiquée pour concurrencer les hôtels et pour favoriser les locations courte durée non déclarées. Dans la région, si des progressions de +2 % pour l’hôtellerie à +7 % pour les villages vacances sont enregistrées, le plus fort taux de croissance, entre 10 et 30 %, concerne ce genre de locations.

« C’est une concurrence non équitable pour les hôteliers mais aussi pour les agences immobilières, estime Bruno James. Les professionnels du tourisme et les collectivités doivent fournir un effort collectif pour défendre les hôteliers ».

Vers une taxe de séjour ? 

« A Cassis, nous repérons sur le site les particuliers qui louent et nous allons vers eux, raconte la maire de la ville, Danielle Milon (LR), également présidente de Bouches-du-Rhône tourisme. On monte au créneau pour que tout le monde soit logé à la même enseigne ».

Mardi, Airbnb a annoncé vouloir collecter la taxe de séjour à Paris pour le compte de ses hôtes à partir du 1er octobre. D’un montant de 0,83 euro par nuit et par voyageur, elle correspond à la taxe pour la catégorie « meublés touristiques non classés ». D’après le site de locations, cette taxe sera progressivement généralisée à d’autres villes françaises. « Il y a aujourd’hui 4.000 annonces à Marseille et dans les environs, note Sarah Roy, du site Airbnb. Nous observons une croissance continue à Marseille après un premier boom en 2013 grâce aux événements de Marseille Provence Capitale Européenne de la Culture ».

Dans le même temps, Marseille compte 120 hôtels. « C’est une vraie offre, on ne doit pas l’éliminer mais ce manque d’équité fiscale est insupportable », pense Bruno James. « Chaque ville décide des modalités et des montants de sa collecte », précise Sarah Roy. Sollicitée sur l'éventuelle application de cette taxe de séjour, la ville de Marseille n’a pas encore répondu.