Des chercheurs de l'IRD au Cameroun (photo d'illustration).
Des chercheurs de l'IRD au Cameroun (photo d'illustration). — ©IRD – Carlo Costantini

SCIENCES

Marseille: Bientôt un campus « international »... à l'américaine

L’Institut de recherche pour le développement (IRD) veut attirer des étudiants et des chercheurs du monde entier…

Après avoir annoncé le déblocage d’une enveloppe de 10 millions d’euros pour la recherche et l’enseignement supérieur, le président de la communauté urbaine de Marseille continue d’assurer le service après-vente. Après la visite du chantier de l’hôpital universitaire, de l’école Centrale et du laboratoire d’astrophysique en mai, Guy Teissier s’est rendu mardi matin dans les locaux de l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Seul organisme français de recherche entièrement décentralisé, l’IRD reste pourtant méconnu des Marseillais. L’établissement « ne fait peut-être pas assez de bruit », a soufflé Guy Teissier.

A quoi sert l’IRD ?

L’Institut est une « maison un peu particulière », selon les termes de son président-directeur-général, Jean-Paul Moatti, puisqu’elle est entièrement dédiée à la recherche dans les pays en développement. Dotée d’un budget de 237 millions d’euros, elle emploie 230 personnes à Marseille et plus de 2.000 autres dans le monde, travaillant dans une soixantaine de laboratoires et d’observatoires.

Quelles études mènent ces scientifiques ?

Présents dans toutes les collectivités d’outre-mer et dans 24 pays du Sud, les chercheurs, ingénieurs et techniciens de l’IRD étudient les impacts du changement climatique, le développement des villes, l’accroissement des inégalités, l’accès aux ressources ou encore les maladies infectieuses. C’est un scientifique de l’Institut qui a découvert, par exemple, que les chauves-souris constituaient le « réservoir » pour le virus Ebola permettant à la maladie de se développer.

 

Jean-Paul Moatti, Pdg de l’IRD, et Guy Teissier, président de MPM. - M. Penverne

 

Quels sont ses projets à Marseille ?

En collaboration avec l’université d’Aix-Marseille, l’Institut souhaite ouvrir d’ici un an un « campus international pour la coopération et le développement ». Soutenu par l’Etat, ce projet vise à participer à la « diplomatie scientifique » de la France, selon Jean-Paul Moatti qui aimerait reproduire le modèle des campus américains, comme celui de Boston qu’il connaît bien. Concrètement, ce campus accueillera et formera des dizaines d’étudiants et de chercheurs étrangers, surtout francophones. « Quand les nouveaux objectifs de développement durable seront adoptés lors de la COP21 à Paris, par exemple, il faudra bien mettre en œuvre ces indicateurs, les mesurer et les contrôler, explique-t-il. Sinon, cela ne servira à rien ».

Où sont situés ses locaux ?

Implanté depuis 2008 sur le boulevard de Dunkerque, dans le 2e arrondissement, l’IRD se cherche un nouveau siège qui sera situé « idéalement dans la zone Euromed », a indiqué mardi son PDG. « Le dossier avance » sur les prochains locaux, a-t-il ajouté, maisil n’est pas encore finalisé, notamment sur le plan financier. Quoi qu’il en soit, a assuré Jean-Paul Moatti à son invité, ce futur déménagement n’est pas qu’une opération immobilière : « Il s’agit d’acter de façon symbolique l’ancrage de l’IRD à Marseille », a-t-il conclu.