Des vestiges laissés au placard

©2007 20 minutes

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De la grotte Cosquer à Saint-Victor, en passant par le port antique ou les tombes de la rue Malaval, la liste des merveilles fait son effet. Tous les sites archéologiques marseillais sont désormais réunis dans un guide, une première pour la ville. Après une partie historique, l'ou­vrage dégage plusieurs thé­matiques - le port, les fortifications, les nécropoles - et se termine par un « itinéraire » antique dans la cité phocéenne.

Un parcours de courte durée, déplore Henri Tréziny, directeur de recherche au CNRS, et coauteur du livre. « L'es­sentiel des sites présentés ne se visitent pas car ils ne sont pas conservés, assure-­t-il. Depuis le jardin des vestiges dans les années 1960, on ne garde plus rien à Mar­seille. On fait des fouilles, sur le plan scientifique tout va bien, mais sur le plan patrimonial, en dehors des musées, c'est dur de voir quoi que ce soit. »

Récemment encore, l'avenir du site de la rue Malaval (Ve siècle) et celui du collège Vieux-Port (VIe siècle avant J.-C.), rarissimes, étaient sur la table des décideurs. Si le dernier a été classé en 2006 monument historique (et donc protégé), les découvertes de Malaval - où doit être construit un parking - ont, elles, été déplacées. Un projet prévoyant de les présenter dans une crypte sous la cathédrale de la Major est à l'étude, signe que les mentalités évoluent selon Ma­nuel Moliner, archéologue municipal et coauteur du guide. « Marseille n'a pas la culture des vestiges, explique-t-il. C'est une ville qui a sans cesse besoin de se renou­veler. Mais les choses chan­gent, la preuve avec le projet Malaval. De plus, à Marseille, les sites archéologiques sont systématiquement fouillés, ce qui n'est pas le cas partout. Au moins cette mémoire est-elle préservée. A nous d'encourager nos élus à passer à l'étape suivante. »

guide Le guide Marseille Antique (éd. du patrimoine) est en vente depuis avril partout en France au prix de 18 €. www.monuments-nationaux.fr