Saint-Martin-de-Crau: Un collectif dénonce l'abandon de «munitions en libre-service»

SECURITE Des explosifs sont enfouis dans le sol...

Christine Laemmel

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Le site de la Carougnade, ancien lieu de la SIMT à Saint-Martin-de-Crau (Bouches du Rhône)
Le site de la Carougnade, ancien lieu de la SIMT à Saint-Martin-de-Crau (Bouches du Rhône) — Google Map

Y a-t-il un self-service d’armes à Saint-Martin-de-Crau (Bouches-du-Rhône) ? C’est l’accusation portée par le collectif « Agir pour la Crau » ce jeudi 20 août dans un communiqué. Un arrêté pris par le préfet le 20 juillet 2015, vise l’ancienne usine de retraitement de munitions militaires, la Société industrielle de munitions et travaux (SIMT). Il prévoit le placement « de panneaux rappelant l’interdiction de pénétrer et informant du danger de mort » ainsi que « la réfection de la clôture du site pour en interdire l’accès. » L’organisation dénonce « une aberration » pour « la santé publique, la sécurité et l’environnement ». En cause, la présence d’armes « en libre-service », enfouies dans le sol du site dit de la Carougnade.

Des risques de vol d’armes et de pollution de l’eau

Le collectif de la Crau pointe du doigt plusieurs risques. Un peu plus d’un mois après les explosions survenues à LyondellBasell et le vol de munitions à Miramas, dont « aucun enseignement n’aura été tiré » selon l’association, c’est la question de la sécurité qui prime. « Il faut craindre le pire sur un lieu qui n’est même pas gardé, indique le communiqué, et dont la pose de panneaux d’interdiction fonctionnera comme une véritable publicité pour les personnes mal intentionnées. Une indication du type "servez-vous" aurait eu le même effet. » Vient aussi la question environnementale et de salubrité publique. L’ancienne usine est située au-dessus d’une nappe phréatique et d’un pipeline, ce qui laisse craindre des risques de pollution de l’eau. « Agir pour la Crau » rappelle attendre des réponses de l’Etat depuis juillet 2013, sur les interrogations environnementales des habitants.

Une affaire qui court depuis près de 10 ans

« Agir pour la Crau » remet sur le feu une affaire célèbre dans la région. Le site de la Carougnade accueillait il y a des dizaines d’années, la Société industrielle de munitions et travaux (SIMT). L’usine avait pour but de retraiter les explosifs, obus, torpilles et autres munitions de l’armée française. Confronté à des difficultés financières, l’ancien patron de la société a reconnu, devant le tribunal de Tarascon, en 2013, avoir enterré 160 obus de mortier entre deux murs et immergé des dizaines d’obus au phosphore au fond d’un puits devenu une mare. Le site, définitivement fermé en 2006, a fait l’objet de nettoyage partiel, mais la préfecture a confirmé la présence actuelle d’explosifs enfouis. D’après La Provence, le coût de la dépollution a été évalué à au moins 806.000 euros.