OM: «Avec Michel, si vous êtes un "branleur", vous allez vous asseoir sur le banc» explique François Modesto

FOOTBALL Le Bastiais était sous les ordres de Michel en 2013-2014 à l'Olympiakos...

Propos recueillis par Christine Laemmel
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L'entraîneur Michel, alors coach de l'Olympiakos, lors d'une conférence de presse en 2014
L'entraîneur Michel, alors coach de l'Olympiakos, lors d'une conférence de presse en 2014 — LOUISA GOULIAMAKI / AFP

Après une année en apesanteur avec Marcelo Bielsa, à quoi doit s’attendre Marseille avec Michel ? 20 Minutes a posé la question à François Modesto, défenseur bastiais qui a croisé la route de l’entraîneur espagnol en Grèce, entre 2013 et 2014, dans le club de l’Olympiakos.

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Il est comment comme entraîneur, Michel ?
Il n’aime pas trop qu’on discute ses choix. Quand il est arrivé, pendant un mois et demi j’ai pas joué alors que j’étais tout le temps titulaire avant. C’était un test. Après quand il a vu que je lâchais rien à l’entraînement, il m’a fait revenir. Et j’ai joué la finale en tant que capitaine. Sur le moment, il ne m’a pas expliqué pourquoi il avait fait ça. Beaucoup de joueurs se sont plaints, mais bon, vous avez des coachs qui expliquent, d’autres non, c’est comme ça. Il regarde beaucoup les entraînements pour voir si les garçons sont sérieux et bossent. Si vous êtes bon, il ne va pas se priver. Il ne fait de cadeau à personne. Si vous êtes un « branleur », vous allez vous asseoir sur le banc.

Quand vous êtes resté un mois sur le banc, c’est parce que vous étiez un « branleur » ?
Non, il m’a expliqué pourquoi, c’était au-delà du football. Ce sont des choses privées. Je savais que ça ne venait pas de lui. Une fois que j’ai compris, j’ai rejoué. C’est pas pour ça qu’on a pas eu un souci ensemble. Mais certains joueurs vous diront le contraire.

Comme Gaëtan Bong, qui a dit ce matin sur Twitter, « un miroir et du gel pour les cheveux seront plus important que les victoires de Marseille » ?
Je ne peux pas vous dire. Moi, je connais les deux côtés. J’ai joué et j’ai pas joué. Au niveau du travail, je sais qu’il bosse énormément et qu’il a les épaules assez larges pour bien faire à Marseille.

Comment vous expliquez qu’il se soit fait limogé de trois clubs ?
C’est une grosse personnalité.

Autant que Bielsa ?
Ça n’a rien à voir. Michel sait très bien gérer ses relations avec son président, la presse et les supporters. Il est formé sur ça, il est très fort en communication. Il est plus diplomate.

Et sur le jeu, il est plutôt porté sur l’offensif ?
Attention, quand vous êtes l’Olympiakos, vous êtes comme le PSG. Vous avez 80 % des ballons, vous jouez toujours dans la moitié adverse du terrain. Si vous ne marquez pas 3 buts par match, les gens ne sont pas contents. Vous devez faire du beau jeu, écraser l’adversaire. Après quand vous jouez en Europe, contre le Real, Manchester, c’est vous le petit. Souvent, ça donne une équipe qui défend très bien, qui est en place et qui part super bien en contre. C’est là qu’il a été intelligent. Avec les mêmes joueurs, il a crée deux systèmes différents.

Sans pour autant changer de stratégie en fonction de l’adversaire ?
Je ne pense pas. Après, il est très malin, il étudie beaucoup de vidéos, c’est un passionné. Michel, ce qu’il veut, c’est gagner, c’est ça sa mentalité.

Vous pensez que ça peut le faire à Marseille ?
Quand vous avez été entraîneur de l’Olympiakos pendant un an et demi, dans un pays où six millions de personnes (sur 11 millions d’habitants) soutiennent votre club, avec 14 quotidiens sportifs, vous savez gérer la presse et les supporters. Et comment vous voulez être impressionné quand vous avez passé 20 ans au Real ? La différence c’est qu’il est arrivé en Grèce au mois de janvier, en prenant la place de Jardim, avec 14 points d’avance et presque le doublé en poche, avec cinq mois pour préparer la saison d’après. Là, il arrive dans l’urgence. Et il va falloir qu’il découvre le championnat français.